637 millions d'euros. C'est la perte nette -virtuelle- de l'Etat à la suite des révélations sur les émissions polluantes des véhicules Renault, calculée par Le Figaro. Elle correspond à la chute de la valeur des participations de l'Etat dans le capital de Renault et de PSA, cotés en Bourse, après la chute brutale enregistrée ce jeudi, (-10% pour l'ex régie et -5%, par ricochet, pour le titre Peugeot). L'Etat est actionnaire de Renault à hauteur de 19,7%, et détient 14,13% de son principal concurrent français.
C'est l'annonce des perquisitions menées chez Renault, en relation avec une possible fraude semblable à celle qui a déclenché le scandale Volkswagen, qui a provoqué la dégringolade des cours. Le titre a perdu jusqu'à 21% dans la journée avant de se rattraper une fois que l'hypothèse de la fraude a été écartée. Cela a jeté le doute également sur Peugeot, dont l'action a elle aussi été entraînée à la baisse.
Ça tombe mal, l'Etat doit bientôt revendre 4,7% de Renault
"Les marchés font preuve d'une grande volatilité parce qu'il y a une sensibilité sur ces sujets", a commenté Emmanuel Macron en déplacement à Berlin. La situation n'est "en aucun cas" comparable à celle de Volkswagen, a soutenu le ministre de l'Economie.
Reste qu'il s'agit d'une très mauvaise opération financière pour l'Etat, qui s'est engagé à revendre dans les prochains mois les 4,7% du capital supplémentaires achetés à Renault en avril dernier, rappelle Le Figaro. Rien ne dit que le titre retrouvera d'ici là son niveau du début de semaine. L'affaire s'annonce d'autant plus mauvaise que Renault avait été la deuxième plus forte hausse -derrière Peugeot- du CAC 40 en 2015.
"Notre intention aujourd'hui n'est pas de céder des actions pour que le contribuable perde de l'argent, donc nous céderons les actions que je me suis engagé à céder pour revenir aux 15,01% que l'État détenait ces dernières années dans Renault quand l'action aura retrouvé son prix normal", a déclaré Emmanuel Macron, alors qu'il participait à l'inauguration d'une usine de bus électriques du groupe Bolloré près de Quimper. "On va rester très calmes et on va le faire posément, au bon moment", a-t-il ajouté.
Vendredi à 14h30, le titre affichait encore un recul de 2,42%.
