On ne peut pas dire que Bernard Laporte s'apprête à prendre ses fonctions au ministère de la Jeunesse et des Sports dans le meilleur des contextes. L'entraîneur du XV de France serait en effet soupçonné d?une série " d?irrégularités fiscales " dont certaines pourraient donner être transmises à la justice, affirme le dernier numéro de L?Equipe Magazine. Une affaire qui intervient alors que la boulimie entrepreneuriale de Bernard Laporte est régulièrement stigmatisée par le milieu sportif. Au début du mondial, la presse avait révélé qu'une de ses sociétés vendait des maillots de l'équipe de France dédicacés de sa main, en violation des accords qu'il avait avec la Fédération française de rugby. Son associé dans l'affaire avait alors pris toute la responsabilité de l'erreur et avait totalement dédouané le futur secrétaire d'Etat.

Après une année d?enquête et une quinzaine de perquisitions, la Direction nationale d?enquêtes fiscales (DNEF) aurait découvert un certain nombre d'infractions commise par la pléiade de sociétés privées dont Bernard Laporte est associé, telles que " double comptabilité, abus de biens sociaux, détournement d?actifs, transferts de fonds suspects, fausses factures, travail au noir, retraits en liquide ", affirme l'Equipe Magazine. Interrogé par le journal, le principal intéressé conteste de telles accusations, même s?il admet l?existence d?enquêtes en cours : " La procédure continue, mon avocat s?en occupe. Je sais qu?il n?y aura pas grand-chose (?) et puis ce n?est pas moi personnellement qui suis contrôlé, ce sont les sociétés ". Du côté de l?Elysée, on se borne à indiquer que la polémique ne remet nullement en cause sa nomination : " Il n?y a aucune raison d?y revenir " a indiqué David Martinon, le porte-parole de l?exécutif.

D?après l?hebdomadaire sportif, Bernard Laporte aurait jusque là été épargné par le fisc parce que son nom n?apparaît jamais en qualité de gérant mais uniquement d?associé. Quoi qu?il en soit, l?ancien rugbyman professionnel devra répondre selon le journal de travail au noir et de double comptabilité avant la liquidation de Ole Bodega, l?un des restaurants de la chaîne qu?il a montée. A titre individuel, Bernard Laporte aurait eu à l?époque une ardoise de 30.000 euros auprès de la maison-mère de l?établissement. Ce qu?il ne conteste pas du reste, mais ce qu?il minimise : " Oui, bien sûr, ça a eu lieu, mais me concernant, ça n?a duré qu?un mois, c?était juste une écriture comptable ". En outre, il est directement concerné par la liquidation judiciaire d?une résidence de tourisme après seulement une année d?exploitation. Le dossier est à ce jour entre les mains d?un juge de tribunal de commerce.