La commission Royal, chargée d'enquêter sur les émissions polluantes des moteurs diesel, aurait-elle omis des détails embarrassants pour le constructeur français Renault? C'est en tout cas ce qu'affirme ce mardi le Financial Time.
Trois membres de cette commission indépendante, créée fin 2015 par la ministre de l'Environnement, Ségolène Royal, après le scandale des moteurs truqués de l'allemand Volkswagen, ont indiqué au quotidien britannique que le rapport final rédigé par le gouvernement ne comprenait pas toutes leurs découvertes.
Les tests du Renault Captur dans le viseur
Ces sources anonymes évoquent en particulier le déroulement des tests du modèle Renault Captur, dont le système de dépollution du moteur effectuait des purges comme si le véhicule avait détecté qu'un essai était en cours.
"Nous ne pouvons pas être sûrs que le logiciel embarqué a détecté le test en soi, mais il semble que Renault a optimisé son filtre à oxydes d'azote pour ce type de conditions très spécifiques", a déclaré un membre de la commission au Financial Times.
Le même modèle avait fait l'objet d'un rappel dès novembre 2015, en raison d'une "erreur de calibrage" de ce même système de dépollution sur plus de 15 000 véhicules, selon le constructeur.
"Pas de logiciels tricheurs", jure Renault
Le rapport de la commission Royal avait conclu à l'impossibilité de "se prononcer définitivement sur la présence ou absence de logiciels 'tricheurs' dans les véhicules testés", tout en regrettant qu'il n'ait "pas été possible d'avoir accès à l'ensemble des logiciels embarqués".
"Nos véhicules ne sont pas équipés de logiciels truqueurs", a répondu un porte-parole de Renault, ajoutant que le groupe "a pleinement coopéré avec la commission en fournissant toutes les explications techniques qui ont été demandées".
"Ce qui manque ne concerne pas que Renault"
"Il manque des informations dans le rapport", a toutefois insisté Charlotte Lepitre, de l'association France Nature Environnement, signalant des lacunes dans les compte-rendus des auditions des constructeurs et l'absence d'éléments émanant de la direction de la répression des fraudes (DGCCRF), après ses perquisitions dans plusieurs sites de Renault en début d'année.
"Ce qui manque ne concerne pas que Renault", a-t-elle poursuivi, sans donner de nom mais en rappelant que le constructeur français "fait partie des pires élèves" à l'issue des tests et que cela n'est "pas assez mis en avant" dans le rapport.
"Renault n'est pas dans les meilleurs élèves", a confirmé Daniel Quero, président de l'association 40 millions d'automobilistes, soulignant que la commission a "quand même auditionné tous les constructeurs et posé toutes les questions".
