Comment convaincre ses salariés de travailler le week-end sans débourser un centime? Urban Outfitters vient d'inventer une réponse audacieuse: faire passer ça sur le compte du "team building", bien sûr! Selon le site américain Gawker, la marque de prêt-à-porter américaine demande ni plus ni moins à ses employés de venir aider à expédier ses commandes gratuitement durant trois week-ends d'octobre, au nom de "l'expérience" et de la "cohésion des équipes".
"URBN [le groupe qui possède Urban Outfitters et d'autres enseignes de vêtements, NDLR] cherche des volontaires du week-end pour servir de renfort à notre centre de Gap, en Pennsylvanie, peut-on lire dans l'e-mail dévoilé par Gawker. Octobre sera notre mois le plus chargé et nous avons besoin de bras supplémentaires pour nous assurer que les commandes sont expédiées à temps." Le groupe promet une occasion inédite d'expérimenter le travail dans les entrepôts et de souder les équipes. "Rassemblez vos collègues pour cette activité de team building", s'enthousiasme l'auteur de l'appel. En échange, les candidats n'auront droit qu'aux repas et transports gratuits. "Merci de venir avec des baskets et des vêtements confortables", précise le groupe.
"Un nombre énorme de réponses"
Loin d'être gêné par la médiatisation de sa démarche, le groupe URBN assure avoir reçu "un nombre énorme de réponses" positives. Pour rester en conformité avec la loi, assure-t-il, il ne retiendra que celles des employés dits "salaried" - payés en fonction d'un forfait annuel et non-soumis au versement d'heures supplémentaires - et non celles des travailleurs payés à l'heure.
Sa démarche n'en suscite pas moins des réactions indignées outre-Atlantique. "Certains des salariés d'Urban Outfitters gagnent moins de 35 000 dollars par an [30 765 euros], soit moins de 17 dollars [15 euros] par heure pour des semaines de 40 heures, dénonce sur CNBC la directrice d'une organisation qui promeut les droits des travailleurs. La dernière chose dont ils ont besoin, c'est d'être contraints à des heures supplémentaires non-payées qui empiètent sur leur vie familiale ou personnelle." Quant aux salariés des entrepôts, "ils gagnent généralement moins de 15 dollars [13 euros] par heure pour le type de tâches qu'Urban Outfitters demande à ses employés d'effectuer gratuitement".