C'est l'une des dispositions phares de la loi sur l'égalité homme-femme: à compter de ce mardi 1er juillet, le congé parental, qui permet aux parents de s'arrêter de travailler pour élever leurs enfants, voit ses règles changer.
Jusque là, les parents pouvaient s'arrêter de travailler six mois pour un premier enfant, et jusqu'à trois ans après la naissance d'un deuxième. Désormais, le congé parental pour le premier enfant sera desix mois supplémentaires, soit un an au total, à condition que les deux membres du couple en bénéficient.
A compter du deuxième enfant, la durée maximale est maintenue à trois ans si le second parent y contribue à hauteur de six mois. Dans le cas où un seul parent arrête de travailler, la durée est réduite à deux ans et demi.
Suffisant pour convaincre?
A l'origine du texte, la ministre des Droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem espère inciter les pères à prendre, eux aussi, un congé parental, aujourd'hui utilisé à plus de 95% par les femmes. Or celles qui s'arrêtent trop longtemps en subissent les conséquences sur leurs carrières à long terme. La ministre parie sur pas moins de 100 000 hommes en congé parental d'ici 2017, contre 18 000 aujourd'hui.
L'annonce d'un congé remodelé a pourtant laissé sceptiques les spécialistes de l'égalité professionnelle. "Sa longueur aurait dû être raccourcie de façon plus radicale et le congé mieux indemnisé pour permettre une alternance plus efficace entre les deux parents", expliquait à L'Express Dunya Bouhacene, présidente de Women Equity for Growth, en janvier. "Des pères prêts à s'arrêter six mois, je n'en connais que très peu", estimait aussi Antoine de Gabrielli, fondateur de l'association Mercredi-c-papa.