Pour échapper au renchérissement des cotisations chômage sur certains contrats courts, intervenu au 1er juillet, le patronat avait proposé d'ouvrir la possibilité d'un CDI à une minorité de salariés que la profession appelle "les mercenaires", les plus recherchés.
La négociation doit aussi viser à améliorer plus généralement les durées d'emploi des salariés. La durée moyenne des missions est actuellement de 1,7 semaine.
Quatre syndicats opposés
Dans un texte commun, quatre syndicats (CFDT, CFTC, CFE-CGC et CGT) ont jugé "insuffisant" le projet d'accord ouvert à la signature jusqu'à mardi 9 juillet au soir par l'organisation patronale Prism'emploi (ex-Prisme).
Ils préviennent qu'ils "ne sauraient entériner un texte qu'à la condition que le Prism'emploi évolue" de "manière substantielle" sur certains points.
Les syndicats soulignent notamment que le nombre d'intérimaires visés (15.000 en trois ans) est "nettement insuffisant", au regard des 500.000 emplois équivalent temps plein répertoriés début 2013.
Ils reprochent aussi un abondement patronal "peu significatif" (0,05% de la masse salariale) au nouveau "Fonds de sécurisation des parcours des intérimaires", censé permettre d'améliorer l'"employabilité" de tous les intérimaires.
Pas d'accord, pas d'exemption de majoration
Les syndicats rappellent à l'organisation patronale qu'elle ne sera pas exemptée de la majoration (3% pour les contrats de moins d'un mois) si elle n'obtient pas d'accord.
Du côté de Force ouvrière, la critique est plus forte encore: "l'intégralité du texte ne convient pas". Le CDI proposé est "précaire, fera perdre de l'argent aux salariés concernés" et "n'encadre pas suffisamment" les missions des futurs CDI (mobilité, qualifications), affirme FO.
Le syndicat estime "entre 200 et 400 millions d'euros" le gain pour les agences d'intérim d'une non-majoration des cotisations chômage, alors que "Prisme'emploi n'engage que 6 à 7 millions dans cette négociation". FO regrette également que les efforts pour augmenter les durées d'emploi des salariés en contrat classique d'intérim ne visent "que ceux qui travaillent 4 mois sur l'année, laissant de côté 80% des intérimaires".
Un accord avant jeudi 11 juillet
Les partenaires sociaux ont en théorie jusqu'au 11 juillet pour aboutir. Un délai supplémentaire n'était mardi cependant pas exclu par plusieurs syndicats.
L'arrêt de représentativité de la branche n'ayant pas encore été publié, les anciennes règles s'appliquent: pour être valide, un accord ne doit pas faire l'objet d'une opposition d'une majorité d'organisations syndicales.
