La société Pages jaunes a été condamnée mercredi par le Conseil des prud'hommes de Nancy à verser 40 000 euros de dommages et intérêts pour licenciement abusif d'un salarié qui avait dénoncé ses conditions de travail.
L'ancien télévendeur, âgé de 38 ans, était chargé de commercialiser des espaces publicitaires dans les éditions papier et Internet des Pages jaunes depuis 2005, à Nancy. "Cette condamnation est justice. Cette affaire est emblématique, car elle dénonce la politique de harcèlement de Pages jaunes à l'égard des salariés", a estimé l'avocat du licencié, Me Stéphane Massé.
A l'audience, en octobre dernier, il avait expliqué que son client était "le meilleur vendeur de Nancy et l'un des meilleurs de France", et qu'il avait encore reçu un mois avant son licenciement un message de félicitations de son employeur. Pourtant, l'entreprise qui édite les annuaires professionnels avait estimé peu après, pour justifier son licenciement, que son comportement était "agressif à l'égard de la clientèle" et que son attitude était "anti-commerciale".
Pas de motif valable de licenciement
"Un prétexte", selon l'avocat, pour qui l'unique motif du licenciement résidait plutôt dans le fait que "le stress et la pression subis ont conduit [son] client à dénoncer ses conditions auprès de la médecine du travail".
Devant les conseillers prud'homaux, l'avocat de la société, Me Hortense Gebel, avait contesté l'analyse du plaignant, reprochant à l'ex-télévendeur "des méthodes trop grossières qui nuisaient à l'image de Pages jaunes". Le conseil des prud'hommes a tranché en estimant qu'il n'y avait pas de motif valable justifiant le licenciement.