Manque de soutien des supérieurs, problèmes pour concilier vies privée et professionnelle, discriminations dans l'emploi... Les salariés français se disent plus souvent exposés à des facteurs de risques psychosociaux que dans le reste de l'Union européenne, selon une étude du ministère du Travail.

L'enquête montre que les salariés en France déclarent une intensité de travail équivalente à la moyenne des 27 pays de l'Union européenne. Mais ils se disent plus souvent exposés à un manque d'autonomie, à des exigences émotionnelles ou à des conflits de valeur.

Les Français font aussi une distinction plus nette qu'ailleurs entre temps professionnel et extra-professionnel. Ils jugent ainsi plus souvent que leurs horaires de travail s'accordent mal avec leurs engagements sociaux et familiaux (21%), davantage que les Danois (6%), Néerlandais (9%) ou Britanniques (13%).

Discriminations et manque de soutien de la hiérarchie

Du côté des relations avec la hiérarchie, les salariés en France sont aussi plus critiques: près de 20% d'entre eux disent n'être jamais ou rarement soutenus par leur supérieur, contre 6% en Irlande, mais aussi 30% en Allemagne. Plus grave, 3% des personnes interrogées en France disent subir des discriminations au travail, soit autant qu'en Belgique et au Luxembourg, mais bien plus qu'en Italie, Lituanie ou Roumanie, note l'étude.

Selon la Dares, les risques psychosociaux - RPS dans le jargon - peuvent être définis comme "les risques pour la santé mentale, physique et sociale" engendrés notamment "par les conditions d'emploi". L'appréhension de ces risques a "par définition" une "dimension subjective", souligne l'étude.