L'apparence physique apparaît bien comme un critère "à part entière parmi les motifs de discrimination juridiquement prohibés", annonce d'emblée le rapport publié le 15 février par le Défenseur des droits et l'Organisation internationale du travail (OIT), intitulé Le physique de l'emploi. Difficile selon lui de décrocher un poste quand on n'est pas "dans les standards", a fortiori pour la gent féminine.
Au total, 8% des chômeurs sondés pour l'étude assurent avoir été discriminés à l'embauche en raison de leur physique. Mais ces affirmations émanent presque deux fois plus des femmes que des hommes, et ce indépendamment de toutes caractéristiques d'âge, de poids, de style vestimentaire et de niveau d'études. 63% des chômeurs relient les discriminations à leurs caractéristiques corporelles, telles que le poids ou les traits du visage, et 21% seulement à des attributs comme la tenue vestimentaire, la coiffure ou les piercings.
Des questions sur leur corpulence
Les femmes obèses sont les premières pénalisées. Elles rapportent huit fois plus souvent avoir été discriminées à cause de leur apparence physique que celles avec un indice de masse corporel (IMC) considéré comme "normal". Chez les hommes obèses, le ratio est "seulement" de un à trois. Autre résultat éloquent: les femmes en surpoids rapportent quatre fois plus souvent avoir été discriminées que les femmes à l'IMC "normal". Alors que le surpoids n'a pas d'effet pénalisant chez les hommes.
Sans surprise, les discriminations liées à l'apparence physique se seraient produites à 82% lors d'un entretien d'embauche, 79% pour les femmes et 87% pour les hommes. Ce face-à-face est le moment clé de la discrimination pour 64% des chômeurs. 11% des sondés disent avoir été confrontés à des questions liées à leur corpulence. Un taux qui passe à 33% chez les chômeurs obèses... 100% des femmes visées affirment alors s'être senties discriminées.
