Plutôt que de laisser pourrir une situation, je préfère négocier un départ avec un collaborateur", affirme Philippe Trehan, président de la société Swipe, spécialisée dans la vente directe de produits cosmétiques. Il n'est pas le seul.Les départs transactionnels ne sont plus l'apanage des grands groupes. Les PME aussi y ont recours. La pratique n'est pas non plus réservée aux cadres, même s'ils en sont encore les principaux bénéficiaires. "Les entreprises sont de plus en plus disposées à se séparer de leurs cadres à travers des accords transactionnels", constate Cécile Penot-Dietrich, avocate en droit social (cabinet Ozenne-Bongrand-Penot).Qu'est-ce qu'un accord transactionnel ? Un contrat par lequel un salarié et son employeur mettent fin à leur conflit par le biais d'une transaction financière.Ce n'est pas par philanthropie que les entreprises ouvrent ainsi leur carnet de chèques et versent des indemnités plus généreuses que le minimum conventionnel, mais pour éviter un procès. Quand le licenciement repose sur des motifs en béton, le problème ne se pose pas. Les transactions concernent des séparations dont les motifs, bien que réels, risquent d'être difficiles à prouver ou à défendre lors d'un procès. Incompatibilité d'humeur, mauvais esprit ou insuffisance de motivation : un manager peut souhaiter se séparer de quelqu'un sans qu'il soit possible d'évoquer une faute ou même un motif réel et sérieux.Parfois, c'est le salarié lui-même qui sent que les choses tournent mal et qui laisse entendre qu'il accepterait un départ moyennant une compensation financière. La transaction est alors pour les deux partenaires le moyen de tourner la page rapidement et sans se déchirer. De même, dans le cas d'une procédure de licenciement mal engagée, soit à cause de vices de forme, soit parce que les motifs invoqués ne vont manifestement pas tenir devant les prud'hommes, il peut être intéressant d'envisager une transaction. On pourra ainsi minorer la sanction prud'homale et le salarié touchera son chèque sans attendre le procès.Quel que soit le contexte, l'entreprise qui a décidé de transiger doit respecter un certain nombre de règles, tant juridiques que psychologiques, si elle veut réussir cet acte de management plutôt délicat.