"Sensibilisation". Le 18 décembre 2008, l'association PSRE (Promotion et Suivi de la Sécurité Routière en Entreprise) présentait un sondage, réalisé par l?IFOP, afin de faire le point sur la consommation d'alcool dans les entreprises. Plus de 90% des salariés participent à des pots en entreprise, et 7 salariés sur 10 affirment que de l'alcool y est proposé. Une habitude plus fréquente dans les petites entreprises que dans les grandes. Dans la majorité des cas, aucune disposition particulière n'est prévue quant à l'encadrement de ces pots (ethylotests, transports?). A noter que du côté des chefs d'entreprise, 91% s'opposent à l'interdiction de l'alcool dans leurs établissements. Constat agravant de cette étude : un quart des boissons proposées sont des alcools forts, ce qui est interdit par le Code du Travail. (Voir encadré)
La loi prévoit que lors du trajet domicile-travail, l'entreprise est responsable des salariés. Jean-Claude Robert, président de PSRE, rappelle à ce sujet que "l'alcoolémie est impliquée dans 29% des accidents mortels, taux qui grimpe à 70% la nuit tombée . Ainsi, un incident survenu sur le chemin du retour après un pot trop arrosé, pourrait entrainer une procédure d'accident de travail et engagerait par la même la responsabilité de l'entreprise. D?un point de vue pénal, cela peut se traduire par une amende, ou une inculpation pour "mise en danger de la vie d'autrui" et "non assistance à personne en danger", précise le Code du Travail.
Une coresponsabilité pénale, engagée dans une partie des 900 000 sinistres que traite chaque année Axa Assurances, par exemple. Cette compagnie d'assurances a engagé des actions de sensibilisation et d'information sur les risques liés à l'alcool au volant. " Nous utilisons "l?Alcobar", une borne qui permet de mesurer le taux d'alcoolémie, lors des différentes opérations que nous organisont ", explique Christiane Graziani, (directrice d?AXA Prévention ).. Nous proposons aussi à nos jeunes assurés un service de taxis "Joker" (cinq fois par an), pour les raccompagner à domicile lorsqu'ils ont trop bu.
Est-ce en payant le taxi à ses collaborateurs éméchés (ou à ses jeunes assurés), que l'on s'attaque vraiment au problème ?