LE CONJOINT SOUVENT INDISPENSABLEDans les petites entreprises commerciales et artisanales en nom propre, le conjoint est très souvent indispensable. En France, près des deux tiers des femmes d'exploitants individuels travaillent avec leur mari, alors qu'elles sont moins de 20 % à exercer une profession à l'extérieur. Dans certains secteurs d'activité, tels que les commerces alimentaires, près de 70 % des femmes aident leur époux.En général, quand elle travaille dans l'entreprise familiale, c'est la femme qui tient la comptabilité, reçoit les clients, répond au téléphone, prend les rendez-vous, établit les devis, les factures... Sans compter les tâches familiales. Un travail de l'ombre pas toujours reconnu, mais bien réel. On estime ainsi qu'une femme travaillant avec son époux y consacre au moins six heures par jour.- Bon à savoir : le nombre de conjoints qui participent à l'activité de l'entreprise familiale est évalué à 1 million en France. -UN TRAVAIL PARFOIS NON RECONNUDe nombreuses femmes participent à l'activité de leur mari sans se préoccuper de leur statut, et sans être rémunérées. C'est la plus mauvaise des situations. Dans ce cas, leur travail n'est pas reconnu et elles n'ont donc pratiquement aucun droit sur l'entreprise si leur mari disparaît.Sur le plan social, la femme est considérée sans profession, à l'instar d'une personne qui n'exerce réellement aucune activité professionnelle. Bien sûr, elle ne bénéficie pas des avantages du régime des salariés (indemnités en cas de licenciement, allocations de chômage...). En cas de maternité ou de maladie, elle ne touche également ni allocation ni indemnités journalières. Elle ne se constitue pas non plus de retraite personnelle. Et, en cas de divorce ou de décès, elle ne percevra rien.- Bon à savoir : quand l'entreprise constitue un bien commun du ménage, un commerçant ne peut pas vendre cette entreprise, ni la nantir ou la donner en location sans le consentement de son conjoint, si celui-ci participe à l'exploitation. -UN SIMPLE AYANT DROITUn conjoint dépourvu de tout statut particulier est simplement un ayant droit de l'autre conjoint. Il bénéficie d'une protection très réduite : prestations en nature du régime d'assurance maladie du commerçant ou de l'artisan (c'est-à-dire le remboursement des frais médicaux, mais sans indemnités journalières en cas de maladie), allocations familiales, et certains droits en matière de retraite.L'épouse sans statut particulier a certes droit à la pension de réversion du régime des commerçants ou des artisans en cas de décès du mari, ainsi qu'à un capital-décès. Elle peut également adhérer volontairement au régime vieillesse de son mari et acquérir ainsi des droits personnels à une retraite, qui lui resteront acquis même en cas de divorce ou de remariage. Mais, à la différence du conjoint collaborateur (voir ci-après), le conjoint sans statut verra ses cotisations plafonnées à un niveau moins élevé et sa retraite personnelle est moins importante. La couverture sociale de la femme sans statut particulier est donc très défavorable si elle doit s'arrêter d'aider son conjoint pour cause de maladie et de maternité, et bien entendu en cas de divorce ou de décès de son mari.- Bon à savoir : en cas de décès de son mari, l'épouse sans statut bénéficie, si elle a moins de 45 ans, d'une couverture sociale durant un an au maximum. -