Le statut d'associé est la troisième et dernière option qu'un conjoint peut choisir lorsqu'il travaille dans l'entreprise familiale. Par exemple, si l'épouse d'un exploitant veut exercer des responsabilités dans l'affaire de son mari, elle peut créer avec ce dernier une SARL ou entrer dans la SARL si celle-ci existe déjà, quel que soit le régime matrimonial des époux, et quels que soient les apports dont elle dispose.Pour s'associer entre époux, il faut apporter à la société créée soit des biens communs (à condition que l'autre conjoint en soit averti), soit des biens propres (qu'il s'agisse d'espèces ou de biens matériels), soit simplement son travail et ses connaissances techniques si la société est une SARL. Ces derniers apports, appelés "apports en industrie", sont également rémunérés par l'attribution de parts sociales. Attention : lorsqu'une société est constituée entre époux, les statuts doivent être établis par acte notarié.Pour l'épouse, les avantages du statut d'associé se situent avant tout au niveau du patrimoine de l'entreprise et de la transmission de celui-ci. Ainsi, si le chef d'entreprise vient à disparaître, son épouse pourra demeurer dans la société et y conserver ses responsabilités ou son travail en passant éventuellement en EURL. Et si le couple a des héritiers, elle pourra obtenir beaucoup plus facilement l'attribution de toutes les parts sociales de façon à succéder à son mari. Au contraire, si l'épouse est simplement salariée ou collaboratrice, les héritiers pourront demander que l'entreprise leur revienne.Enfin, comme dans toute société de capitaux, le conjoint associé n'est responsable des pertes qu'à concurrence de ses apports alors que la faillite d'un commerçant en nom propre entraîne le plus souvent des dettes pour toute la famille, conjoint compris.- Bon à savoir : les apports en industrie du conjoint donnent toujours lieu à l'attribution de parts sociales et à la participation aux bénéfices. Cela se passe selon les modalités définies dans les statuts de la société. -LES DROITS SOCIAUX DU CONJOINT ASSOCIÉLe statut d'associé avec le chef d'entreprise ne donne pas obligatoirement une meilleure protection sociale : tout dépend de la forme d'association choisie et de l'importance respective des parts de chacun.Ainsi, dans le cas le plus fréquent où l'épouse est associée de la SARL dont le mari est le gérant, trois cas peuvent se présenter.- Premier cas : la conjointe ne travaille pas avec le mari chef d'entreprise. Elle n'est alors affiliée à aucun régime social obligatoire et elle reste l'ayant droit de son mari. Elle n'a par conséquent ni retraite personnelle, ni prestations de maternité.- Deuxième cas : la conjointe travaille avec le mari chef d'entreprise comme salariée de la société. Elle est donc affiliée au régime général de la Sécurité sociale. Elle bénéficie des mêmes avantages qu'un salarié ordinaire.- Troisième cas : la conjointe travaille avec le mari chef d'entreprise comme non-salariée. Elle est alors affiliée aux différents régimes sociaux des indépendants, comme son mari.A noter qu'une conjointe peut être affiliée également au régime général des salariés si elle est associée minoritaire de la SARL : elle aura droit dans ce cas à tous les avantages des salariés, sauf aux allocations de chômage en cas de licenciement.- Bon à savoir : la meilleure solution est de s'associer en ayant chacun 50 % des parts. Le chef d'entreprise et son conjoint seront alors tous les deux considérés comme associés minoritaires, sans que cela empêche le chef d'entreprise de rester gérant et donc de diriger l'entreprise. -