Le diplôme toujours déterminant.
Xavier Delille est spécialisé dans la maintenance des avions, plus spécifiquement sur l'aménagement intérieur des cabines des passagers. Il est ainsi devenu un professionnel prisé, ce qui lui a valu un jour de passer d'Air Inter à la compagnie Cors'air. " Pendant les premières années, j'étais vraiment satisfait de ce changement. Il s'agit d'une entreprise qui donne beaucoup d'autonomie, dans laquelle on vous juge aux résultats. Mais au bout de trois ans, j'ai commencé à nouveau à me poser des questions. " Xavier Dellile a pris conscience que, quelque soit son professionnalisme, il ne parviendrait pas à progresser avec son seul DUT en génie mécanique. À la " faveur " d'une restructuration annoncée de son bureau d'études, il se porte candidat pour quitter l'entreprise si besoin est... mais après avoir obtenu un diplôme d'ingénieur. Il demande un congé individuel de formation (CIF), l'obtient et finalement revient, deux ans après, diplômé du Cesi, pour prendre un poste de manager... du même bureau d'études. " J'avais changé, mes ex-collègues l'ont senti. Après un baptême du feu, où ils se rappellent des choses du passé, ils m'ont reconnu dans mon nouveau statut. Il y a surtout une reconnaissance de l'effort que j'ai fait, du travail qui a été nécessaire pour obtenir le diplôme. "
La connaissance technique aussi.
La reconnaissance ne passe pas seulement par le statut, mais aussi par le passé. Le degré de technicité du nouvel ingénieur est apparemment déterminant. " Personne ne peut me tester en disant : tu me dis de faire, mais toi, est-ce que tu es capable de le faire ? Je peux lui répondre : ok, je vais te montrer comment il faut faire, après tu le feras... "
Gérer les aspects humains, la plus grande difficulté.
" Les ingénieurs n'ont pas la même façon de manager que les cadres venant des écoles de management. Nous essayons toujours de comprendre les salariés d'abord par leur travail. Eux sont souvent prêts à atteindre un résultat en utilisant d'autres méthodes. On a même parfois l'impression qu'ils manipulent les gens pour que le résultat soit bon, leur objectif ne semble être que celui-là. On a souvent une âme plus sensible qu'eux ! 90 % du travail de manager est de régler des problèmes humains. On n'imagine pas, avant de le devenir, l'importance de questions comme : deux membres de l'équipe veulent partir en vacances sur la même période, que faire ? Cette question mal résolue peut avoir des conséquences sur le fonctionnement du service, la motivation... On apprend toujours. "