Jusqu'en août dernier, un salarié devait soit démissionner, soit prendre un congé pour créer son entreprise. La loi Dutreil offre à tout salarié ayant au moins vingt-quatre mois d'ancienneté la possibilité de travailler à temps partiel pendant un an renouvelable pour créer son entreprise. Avec la garantie de retrouver emploi et salaire équivalents au bout de la période. On peut ainsi se consacrer à son projet tout en faisant bouillir la marmite : le salaire est maintenu au prorata du nombre d'heures travaillées. "C'est LE grand changement du 1er janvier 2004 : avoir un statut, une identité et pouvoir facturer pour son compte tout en étant salarié", souligne Christian Cesbron.La formule semble idéale pour le salarié créateur qui veut tester son idée et évaluer la rentabilité de son activité. Mais, en pratique, un patron de PME n'appréciera guère de voir un de ses cadres lui annoncer qu'il veut travailler à temps partiel. "Cette mesure va encore favoriser les grandes entreprises", estime ainsi Xavier Reniau, président de Sud-Ile-de-France Entreprendre. Ce passage à temps partiel doit faire l'objet d'un avenant au contrat de travail. Il faut donc informer son employeur par lettre recommandée deux mois avant la date du début du contrat. A défaut de réponse de l'employeur, son accord est réputé acquis.Si votre projet de création vous mobilise à temps plein, vous pouvez prendre un congé pour création d'entreprise (douze mois au maximum). Vous bénéficierez du régime de protection sociale des salariés mais votre salaire sera suspendu. Si l'entreprise compte moins de 200 salariés, l'employeur peut refuser ce congé s'il estime que votre absence serait préjudiciable à sa bonne marche.