L'agitation qui règne dans l'A 380 de Singapore Airlines, juste avant le vol inaugural Paris-Singapour, ne plaît pas du tout, mais pas du tout à Sébastien Chabal. Confortablement installé dans son fauteuil Business XL-l'équivalent de deux fauteuils-, le rugbyman pianote sur son Blackberry, visiblement agacé par les équipes de télé, les photographes et la journaliste de l'Express qui tente de lui poser des questions. "Vous ne voyez pas que je travaille", lance-t-il sans même lever les yeux.
L'excitation, si elle existe, ne se perçoit pas beaucoup dans cet avion à l'aménagement très compartimenté. Pas de salle de gym à l'horizon ni rien d'approchant. D'ailleurs, juste avant le décollage, chacun reste tranquillement harnaché. Seuls quelques "first" - ceux qui collectionnent les vols inauguraux, semblent enthousiastes. Quelques couples sexagénaires découvrent à peine qu'ils prennent l'A 380. D'autres se plongent dans les quotidiens à la recherche d'informations sur l'accident d'Air France. Mais sans paniquer. Les habitués de la classe affaires commencent à tester le produit, comme Cédric Heymans, le rugbyman qui apprécie en amateur les fauteuils transformable en lits. "Just do it", clament les tee shirts de l'équipe de France.
Les premières de l'A 380 de Singapore Airlines sont des suites impressionnantes, avec des sièges en cuir couleur caramel. Un luxe inouï pour 9 000 euros! Les doubles suites, en particulier, font rêver : transformables en double lits douillets. Attention, cependant, la compagnie a interdit formellement tout rapport sexuel à bord.
En classe éco, l'ambiance est plus chaleureuse. Les passagers applaudissent et se sentent plutôt bien : il faut dire que Singapore n'a pas voulu densifier l'avion (il n'y a que 571 sièges) et les épaules ne s'entrechoquent pas. En plus, dans l'A 380 les vibrations sont atténuées et le silence est agréable. Enfin, si tant est que ce vol inaugural puisse être silencieux : chacun veut visiter l'appareil et les couloirs sont pleins à craquer. Les hôtesses, ravissantes dans leurs robes, sont déconcertées par tant d'indiscipline. Les joueurs acceptent de signer des autographes -même Chabal !- et les équipes de télé n'arrêtent pas.
Après le déjeuner-diner, extinction des feux. Le calme est revenu. Tout le monde reprend sa place et s'endort, comme dans n'importe quel avion. Sébastien Chabal ferme lui aussi les yeux. A 380 ou pas, il doit se préparer, avec l'équipe de France, à affronter la Nouvelle-Zélande très bientôt...
A revivre aussi en images, la saga de l'A380.