Ce lundi de Pâques, on n'allait pas casser que des oeufs en chocolat. Pour cette demi-finale de Top Chef 2015, la production a décidé de titiller les nerfs des candidats en leur permettant de créer chacun leur propre épreuve: thème, produit imposé, temps de réalisation. Kévin, Olivier et Xavier, qui ont été plus forts que Florian la semaine dernière, vont-ils être tendres ou vicieux les uns envers les autres? Au final, seul le jury -Hélène Darroze, Jean-François Piège, Michel Sarran et Philippe Etchebest- a le dernier mot et attribuera les points aux candidats. Et c'est Olivier qui malheureusement échoue aux portes de la finale.

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Soyons clairs, cela a beau être le lundi de Pâques, on l'attend, cette demi-finale. Les réseaux sociaux s'emballent avant même le début de l'émission:



Gibier pour Xavier

Donc, on commence par la petite vidéo pour faire monter la pression. Puis on nous annonce que c'est Xavier qui ouvre le bal, en campagne dans les Yvelines. "Lui, c'est mon poulain", Philippe Etchebest annonce, sans préférence aucune. Son thème? le gibier. "Quoi? Bordel, souffle Kévin, qui n'a pas l'habitude d'en cuisiner. Xavier a tapé dans mes faiblesses." Deux heures pour réaliser une belle assiette. Et ils ont beau être dans les jardins d'une belle demeure, ils ont quand même du matériel bien loin du camping.

"Cette épreuve, elle est un peu pour moi", lance Xavier. "Après, on ira chasser ensemble, mais en boîte de nuit", répond Kévin. Philippe Etchebest recadre un peu son poulain: le jury veut de la modernité. Donc il faut qu'il sorte de ses classiques.

Xavier part donc sur un tartare de chevreuil avec du gingembre, laqué au jus de betterave.

Alors le benjamin de l'aventure ajoute du gingembre. Pendant ce temps, Kévin a froid. Très froid. "J'ai les mains gelées. Les pieds, pareil. Je sens plus mes orteils." Il prépare du faisan au beurre d'orange. "Aujourd'hui, c'est de la cuisine d'instinct, la meilleure." Philippe Etchebest se plante d'émission: "C'est cauchemar en cuisine. Ce type a de bonnes idées, mais quel bordel sur son plan de travail." Il décide d'une cuisson sur barbecue. "En avant Guingamp, camping style."

On n'entendait pas trop Olivier, le voici. Il a pris du chevreuil, comme Xavier. "J'ai vingt de carrière, lui a vingt ans d'existence, rappelle Olivier. Il me donne l'énergie d'aller plus loin. Parce qu'il faut pas déconner, je veux aller plus loin!" Il rend hommage à un dénommé Titi de Guadeloupe en mêlant à son chevreuil bananes, clémentines et fruits rouges. Le tout dans une panure aux noisettes.

Après la dégustation du jury, c'est Xavier qui l'emporte. Enfin, presque: celui dont c'est l'épreuve ne peut pas gagner de points. Cependant, il a empêché les autres d'en avoir.

Pour Kévin, ce sera bûche de Noël salée

Au tour de l'épreuve de Kévin. "Je vais leur prouver que le branleur peut gagner Top Chef", renvoie-t-il à ceux qui l'ont mal perçu dans son passé. Il a choisi comme épreuve la bûche de Noël trompe-l'oeil. En trois heures. "C'est du temps, donc pas question de sortir une bûchette", sourit Kévin. "Attention", prévient Jean-François Piège, en menaçant du doigt.


Sauf que Kévin veut une demi-finale "sport" et avoue n'avoir préparé qu'une seule fois une bûche salée. Il se lance dans un mélange foie gras-pain d'épices-framboise-figue. La crainte? Qu'elle soit lourde. "Et sinon, sur le plan de travail?" demande le chef Piège à Kévin. "C'est le bordel, avoue le candidat. J'adore quand Philou (!) m'engueule."

Xavier hésite et veut improviser, Jean-François Piège l'oblige à prendre ses crayons et à dessiner ce qu'il veut faire: une bûche aux fruits de mer. Il allie langoustines, fenouil, céleri, champignons, génoise tandoori. "La pâtisserie, c'est un monde de précision", rabache le chef. Le benjamin a foiré sa génoise. Hop, retour à la case départ. Mais il s'en sort.

Olivier a également pris du foie gras. "Aujourd'hui, c'est complètement du hasard." Le chef Piège le questionne, les réponses sont "je sais pas encore". "Jouer sa place en finale sur de l'improvisation, c'est un peu juste, avise Jean-François Piège. S'il prend le parti de s'organiser, il peut aller très très loin." D'ailleurs, Olivier le sait. "Je suis encore là, et je vais pas leur laisser ma place aux deux zozos." Il part sur une préparation langoustine, chou pak choi, foie gras, figue, noisette. Le tout sans génoise mais avec une chemise de légumes -sans gélatine. "C'est pas parce que c'est une bûche de Noël qu'il faut croire aux miracles", s'inquète le chef Piège. Il tente de rattraper le coup, mais il manque de temps.

"Je suis en train de mouiller mon caleçon, mais d'une force", souffre Kévin, sur le dressage. "Je suis en arrêt cardiaque", explique Olivier, en dévoilant ses légumes chemisés, qui tiennent. Au jury de choisir. Et c'est... Kévin qui l'emporte. Donc, aucun point n'est donné à ses concurrents. Avant la dernière épreuve, aucun candidat n'a de point pour l'instant.

Olivier met les légumes en panier

Au tour d'Olivier. Direction le marché de Meaux. Son épreuve? Le panier de légumes sans protéines. En deux heures. "Les légumes apportent une couleur incroyable à ma cuisine, contrairement à ce que certains peuvent penser", sourit-il. "La simplicité est le piège de cette épreuve", rappelle Michel Sarran. "J'ai peur de rien, à part ma mère", fanfaronne Kévin.


Olivier décide de faire un arlequin avec des pâtes colorées au jus de légumes. "Aujourd'hui, mon défi, c'est de finir à temps", ironise le candidat. "C'est pas un rapide, le pépère, c'est le moins que l'on puisse dire", sourit Michel Sarran. Kévin a choisi de réaliser un "Gargouillou", comme le chef aveyronnais étoilé Michel Bras. Un plat-signature de très haut niveau. "T'es sûr de toi?", s'inquiète le chef Sarran.

Xavier travaille sur des légumes comme un potager. "Il s'est pas foulé sur ce coup-là, ou je le vois pas venir", s'inquiète le chef Sarran. "Le chef voit pas mon assiette? Ben moi je la vois. Je vais partir sur mon idée jusqu'au bout", rétorque Xavier. "C'est la demi-finale, on n'est plus là pour enfiler des perles", rappelle Kévin.

Au jury de goûter. Cette fois, pas de verdict immédiat, mais retour au studio. Les fameux couteaux sont dans leur socle. Chaque candidat va tirer le sien, seul face au billot et au jury. "Ce couteau porte tout le poids de Top Chef", philosophe Kévin.

Pourquoi ce métier?

Voici le moment émotion des questions intimes. Pourquoi ce métier? "Quand j'étais ado j'étais un petit con, je rendais folle ma mère, avoue Kévin. C'est à ce moment-là que j'ai rencontré la cuisine. Et quand j'aime quelque chose, j'y vais à fond. Passer 14 heures en cuisine, c'est pour moi un bonheur."

Pour Xavier, la cuisine lui a "permis de prendre plus d'assurance. Je suis heureux aujourd'hui. C'est en cuisine que je me sens le mieux. (...) Top Chef m'a fait progresser à une vitesse monumentale."

Pour Olivier, la cuisine, "c'est mon moyen d'expression. J'ai trouvé à travers elle un moyen de faire passer des émotions. J'ai une façade sombre mais mon coeur est plein de lumière, un véritable arc-en-ciel. J'ai connu la discrimination, parce que des gens ont eu peur que je les empoisonne. Je me suis caché très longtemps. Top Chef est un peu une thérapie. Et je la pense réussie."

Vient le moment de tirer les couteaux. Kévin pleure de joie, il a remporté l'épreuve des légumes. "J'ai intérêt à sortir un menu d'anthologie. C'est le plus beau jour de ma vie". Xavier est qualifié, au grand bonheur de Philippe Etchebest. Et c'est Olivier qui tire la lame orange.

"Pour moi, ça a été une belle aventure, estime Olivier. Je ne considère pas cette lame orange comme un échec. Un immense merci pour tout votre soutien. La porte se referme, j'ai grandi dans l'aventure. J'ai trouvé ce que je suis venu chercher. Dans mon coeur, il y a un feu d'artifice. Ce n'est pas parce que l'apparence paraît sombre que l'intérieur n'est pas plein de couleurs!"

En tout cas, les amitiés demeurent solides entre candidats. La preuve en image:

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