Suggérer en quatre-vingt-dix secondes l'imaginaire d'une série, sans en dévoiler les ressorts dramatiques, telle est la mission (impossible) d'un générique. Pour la première saison de True Detective, le créateur Nick Pizzolato avait fait appel au directeur artistique Patrick Clair et à son studio Antibody. Avec cet Australien, responsable également des séquences de Daredevil, Man in the High Castle et de Halt and Catch Fire, le petit écran a peut-être trouvé son Saul Bass, graphiste virtuose qui a travaillé avec les plus grands du cinéma, d'Alfred Hitchcock (Sueurs froides, Psychose) à Martin Scorsese (Les Affranchis, Casino), ou son Kyle Cooper (Seven, Donnie Brasco). Le générique de la nouvelle saison de True Detective est tout aussi sublime que celui de la précédente. Les acteurs ont changé et les tons chauds de la Californie ont remplacé l'ambiance lugubre de la Louisiane, mais les codes visuels sont les mêmes. A savoir, la fusion dans une même image stylisée des personnages et des lieux. "Nous nous sommes inspirés des photos à double exposition, explique Patrick Clair sur le site Artofthetitle. Utiliser les visages comme des fenêtres sur des paysages est un excellent moyen de montrer la marginalité et les divisions internes des personnages. La traduction graphique de ce qui se passe dans la série." CQFD.