19h30, présentateurs de radio, producteurs, publicitaires, annonceurs, éditeurs, disc jockeys, communicants, journalistes, tourneurs -essentiellement des acteurs de l'industrie musicale-, s'installent dans les sièges en velours de la prestigieuse salle parisienne. Au programme: des concerts, des hommages, l'interprétation d'une chanson des dix nommés au prix Constantin 2011 puis, à son terme, le sacre du meilleur jeune talent produit en France (lire notre présentation des nommés ici).
20 heures pétantes, un jeune groupe parisien, We were evergreen, absent de la sélection et inconnu au bataillon, ouvre le bal avec un morceau électro-pop rythmé en évoquant le meilleur du duo clermontois, Cocoon. "C'est pas mal ça quand même non? C'est quoi le nom de ces jeunes déjà?", visiblement, en un seul titre, le trio réussit son pari: séduire le tapis de professionnels en s'imposant comme jeune espoir parmi les jeunes espoirs. Chapeau. "Le bonus" ensuite, comme dirait le présentateur Thomas VDB: Raphaël, Cali, Daphné, Camille et Olivia Ruiz partageant la même scène pour interpréter Vertige de l'amour d'Alain Bashung.
20h30. Arrivée de Gaëtan Roussel, "monsieur le président de Jury de l'édition 2011" -lire notre interview ici-, entouré de son impressionnant back up band -un saxo baryton, une choriste, un claviériste... Le chanteur de Louise Attaque enchaîne, éclectique et détendu, six titres au style grunge, pop, funk, en s'offrant même deux duos plutôt réussis avec le charismatique et ombrageux Benjamin Biolay ainsi que l'ex-finaliste du télé crochet la Nouvelle Star, Camélia Jordana.
Alors, que retenir de cette soirée?
Déjà l'humour iconoclaste de Thomas VDB pour ses fausses interviews -à se tordre de rire- de chaque artiste après leur performance. Des questions intelligemment stupides (façon Steve Carrel dans The Office) venant donner ici une impulsion revigorante à la cérémonie.
Exemple, avec Alex Beaupain: "Alors, François Hollande a déclaré qu'il était fan de ton disque... Est-ce que tu reconnais... qu'il a... une bonne tête?" Au lieu d'évoquer de façon narcissique le parcours musical de l'auteur des Chansons d'Amour, l'interview est entièrement focalisée sur le Parti socialiste, au grand dam du chanteur. "J'imaginais franchement pas que je parlerai d'autre chose que de François Hollande pour mon premier Olympia", avoue Beaupain.Notre toy session est disponible ici.
Avec L: "Est-ce que le danger, à terme, L, c'est que tu te retrouves dans la section "L Divers" des bacs des magasins de disque? T'en penses quoi?"
Exit les blagues du présentateur, place à la musique. Un show millimétré, bien tenu, ces jeunes artistes ont fait preuve d'une grande maîtrise technique. Il est forcément impossible pour le public de rentrer dans l'univers d'un musicien avec une seule chanson. De même qu'il est impossible pour un artiste de se "chauffer" avec un seul titre.
On retiendra -de façon tout à fait subjective-, le duo Brigitte -notre toy session- pour leur séduisant groove rétro assumé et The Shoes pour les couleurs bigarrées de leur musique (rythmique tribale, basse rock et choristes africaines).
C'est finalement la Belge Selah Sue qui remporte cette édition du prix Constantin avec sa soul ragga façon Lauryn Hill. Une artiste qui connaît déjà un succès populaire non négligeable et une couverture médiatique conséquente. A l'issue de la soirée, la jeune scène française représentée affiche une santé tout à fait vigoureuse...