Le rappeur Orelsan se réjouit du "débat sur la censure" provoqué par la déprogrammation de son concert des Francofolies de La Rochelle, jugeant que les organisateurs de festivals n'ont "pas toujours les mains libres", dans un entretien mardi au quotidien régional Sud Ouest.

"Je suis content que le débat soit enfin recentré sur le coeur du problème, c'est-à-dire la censure qui frappe certains artistes en France. Jusqu'à présent, j'avais été déprogrammé dans des petites villes et tout le monde s'en foutait", explique le chanteur.

"Là, c'est La Rochelle, les Francofolies et on commence enfin à réaliser que les programmateurs de festivals n'ont pas toujours les mains libres", poursuit le chanteur, qui fait l'objet depuis fin mars d'une polémique née du clip d'une ancienne chanson, "Sale pute".

Selon lui, "ce n'est pas une question de droite ni de gauche". "Il y a quelques semaines, le parti socialiste me soutenait, aujourd'hui Ségolène Royal m'empêche de faire mon métier et voilà que l'UMP prend ma défense", résume-t-il. "Tout cela me surprend, mais au moins on dit clairement que les pressions politiques existent", estime Orelsan.

De son côté, le maire de La Rochelle Maxime Bono (PS) a jugé dans un communiqué que "ni en 25 ans de Francofolies, ni dans aucun autre des nombreux festivals qui se déroulent à La Rochelle, la ville ni aucune autre institution, département ou région, n'a exercé de pression pour programmer ou déprogrammer qui que ce soit".

La déprogrammation du rappeur des Francofolies a pris un tour politique, les critiques se concentrant sur la socialiste Ségolène Royal, qui avait, en tant que "sponsor" du festival, souhaité qu'il ne se produise pas à La Rochelle.