Jain a troqué sa robe noire à col Claudine pour une combinaison bleu et rouge, conçue avec la styliste Agnès b., qui lui donne l'allure d'une cosmonaute sur le pas de tir ou d'un garagiste de chez Speedy. Après le succès de son premier album Zanaka (440 000 exemplaires), la brune tonique, Jeanne Galice pour l'état civil, a plongé les mains dans le cambouis. Ce bleu de travail est la tenue de combat d'une femme engagée de 26 ans. La chanson Souldier, qui donne son nom à l'album, a été écrite après l'attentat qui a visé en 2016 une boîte de nuit LGBT à Orlando. "J'aime les contrastes, aborder des choses tristes sur des airs joyeux", souligne Jain qui propose un véritable tour du monde musical. Kora, cuivres, violons, guitares se mêlent à un tourbillon électro. On est loin d'une resucée de son tube Makeba. "Je voulais aller au-delà de la rumba congolaise, très présente sur mon premier album, et évoquer mon enfance à Dubaï, ma vie à Paris, l'influence du hip-hop de Kendrick Lamar que j'ai beaucoup écouté...".
La native de Toulouse s'exprime toujours en anglais, mais elle a écrit quelques titres en français, plus intimes, qu'elle n'est pas encore prête à dévoiler. Jain garde sa part de mystère. Si elle a pu compter sur Maxim Nucci (Yodelice), compositeur des derniers albums de Johnny Hallyday, pour finaliser ses chansons, la demoiselle aime naviguer en solitaire. "J'ai commencé la musique seule dans ma chambre. Voyageant de pays en pays, entre 9 et 18 ans, [son père est employé dans une compagnie pétrolière], je n'ai jamais eu la possibilité de monter des groupes." Sur scène aussi, elle la joue solo. A son bras, une télécommande lui permet de lancer ses boucles musicales. Jain a maintenant le monde à portée de main.
Souldier (Columbia/Sony). En tournée en France à partir de mars 2019.
