17h00: Trois heures trente avant le début de la prise d'antenne sur France 2, le service de presse des Victoires de la musique avait donné rendez-vous aux journalistes devant l'entrée des artistes du Palais des Congrès de Paris. Cette année, les Victoires s'offrent une mise en scène à l'américaine: tapis rouge, photographes qui déforment le nom des interprètes (surtout les jeunes) et attachées de presse sur les dents. Pendant deux heures, une dizaine de chanteurs se fait aveugler par les flashs. Ben l'Oncle Soul est à bout: "Vous m'avez saoulé les mecs, on est là pour vous", lâche-t-il avant de prendre ses clics, ses clacs et son noeud papillon. Tant pis pour les interviews. Jean-Louis Aubert se fait plus diplomate face aux objectifs: "Vous me faites trop d'honneur". Stromae demande à BFM TV si Serge Gainsbourg a bien écrit Joe le taxi? La réponse est non. C'est le parolier Étienne Roda-Gil.

18h30: Un quinqua en costard descend les marches avec son épouse. Les journalistes sèchent. Les organisateurs donnent la réponse: "C'est Thierry Chassagne, le Président des Victoires de la musique!" Et accessoirement président de Warner Music France...

19h15: Pour accéder aux coulisses les journalistes accrédités passent par la salle où Eddy Mitchel répète sur une scène à plus de 5 mètres de haut. Dans le couloir, Jack Lang, ministre de la Culture à vie, nous confie qu'il n'a pas de favoris par peur de leur "porter malchance". Une armée de men in black en costume-cravate-oreillettes se dirige droit vers le studio de France Inter, installé au Palais des Congrès pour l'occasion. Une fois les hommes en position, on remarque la présence de Frédéric Mitterrand, l'actuel locataire de la rue de Valois. L'entretien terminé, les petits-fours sont pris d'assaut.

20h00: Bar de la salle de presse. Les verres se vident, les relations se nouent, les cameramen attrapent au vol les artistes en transit. Stéphane Bern discute avec des confrères de TF1: "J'aime toutes les musiques de jeunes, surtout Benjamin Biolay."

20h35: Plus de champagne au bar, les journalistes sont à la recherche d'alcools plus forts. Une invitée trouve que ce que fait "Christophe Maé sur scène c'est génial à 23 ans...". Une autre fantasme devant un Benjamin Biolay à portée de lèvres. L'attachée de presse du chanteur de La Superbe est harcelée de demande d'entretiens.

Pendant la cérémonie, dans les loges, les représentants des médias font du porte en porte pour décrocher une interview. Pascal Nègre, vêtu de son plus beau costume à carreaux, passe une tête dans la salle de presse et repart aussitôt. Une journaliste essaye de charmer le serveur du bar pour avoir "du gâteau au chocolat ou quelque chose de sucré". Sans succès. Le patron d'Universal pioche des verrines à droite, à gauche.

Coeur de Pirate passe en trottinant dans le couloir: "Désolée je me suis foulée la cheville avec mes talons, je me change et on se voit". Dans la loge de Yael Naim, le champagne coule à flots. Le secret de l'artiste-interprète féminine de l'année: elle porte des chaussettes roses à paillettes.