C'est à une vraie immersion dans son paysage mental que convie la chanteuse de Born to die(2012) avec Ultraviolence, troisième album, plein de style et de spleen, produit par Dan Auerbach des Black Keys. Les arabesques vocales de Lana Del Rey, chanteuse pleine de surprises, s'enroulent dans un bouquet de chansons recouvert d'un voile lynchien, à la texture lancinante et à la douceur somnambulique. Parmi les morceaux les plus marquants, figure ce Cruel World porté par un psychédélisme pris dans son sens premier (révélateur de l'âme). D'autres titres planent aussi en apesanteur, ainsi le slow moite et langoureux, Pretty when you cry, taillé pour le joue contre joue avec ses références à Hotel California des Eagles. Ou encore The Other woman, créé par Nina Simone puis repris par Jeff Buckley, de la soul nocturne pleine de secrets. Lana chante avec une moue mélancolique ou en prenant des airs de haut, selon les thèmes, tous tournant autour d'archétypes de femmes victimes de l'amour. Et impose Ultraviolence comme une bande-son de l'intime, fête triste et envoûtante à la sophistication brûlante. G.M.