De quoi s'agit-il? Le titre Sale Pute d'OrelSan, révélation du rap français en 2009 (voir son interview vidéo), produit il y a trois ans, ne figure pas sur l'album du rappeur, mais son clip est visible sur Youtube. Dans cette vidéo, OrelSan joue un jeune homme trompé par sa petite amie qui exprime sa colère par une série d'insultes et de menaces, comme par exemple: "Jvais te mettre en cloque, et t'avorter à l'opinel", "T'es juste une truie, tu mérites ta place à l'abattoir", "On verra comment tu suces quand je te déboîterai la mâchoire".

La polémique a commencé sur le Web, le 18 mars: la blogueuse Kokolat publie un billet contre cette chanson, vite relayé dans la blogosphère. Depuis, le blog Le féminin l'emporte encourage ses lecteurs à écrire au responsable du Printemps de Bourges, pour qu'il annule le concert d'OrelSan prévu en avril. Selon Emelire, une autre blogueuse, "OrelSan fait l'apologie de la torture et de la barbarie". Les blogueuses ont aussi alerté la Halde et Valérie Letard, secrétaire d'État à la Solidarité.

En réponse à ce mouvement, la direction du Printemps de Bourges a fait savoir ce jeudi dans un communiqué qu'elle maintenait le concert, indiquant "avoir engagé ce jeune artiste pour une prestation artistique qui, comme son album, n'inclut pas cette chanson et ne véhicule pas ce type de message."

Stéphane Espinosa, directeur du label 3 bureau qui produit OrelSan, nous explique sa position: "Je comprends que ce texte puisse choquer. Mais il faut appréhender la production d'OrelSan dans sa globalité. C'est dommage de le réduire à ce morceau, qui ne figure pas sur l'album, et qu'aujourd'hui OrelSan ne chante plus en concert."

Cet après-midi, Marie-George Buffet, secrétaire nationale du Parti communiste, a relayé la demande des blogueuses, réclamant elle aussi l'annulation du concert. Le texte de Sale Pute est selon elle une "incitation à la violence", employant des "termes discriminatoires".