A l'occasion de la parution de l'autobiographie de Johnny Hallyday, Dans mes yeux, le 7 février, L'Express publie des extraits exclusifs.
Showbiz, argent et politique
Johnny n'a pas une vision angélique du show-business. Souvent exploité, parfois carrément escroqué, il a croisé des requins et des rapaces. Il en parle sans aigreur, mais sans pitié. L'argent compte pour lui, il ne s'en cache pas : confession d'un contribuable de droite.
"Au dos de la pochette [NDLR : de son premier disque], ils disent n'importe quoi ; selon eux, j'ai un père américain, j'ai été élevé dans un ranch et je chante aussi bien en anglais qu'en français. [...] Ils se sont plantés dans mon nom de famille : au lieu de Johnny Halliday, ils ont écrit Hallyday, avec deux y. Naïvement je dis au boss de la maison de disques qu'il faut tout refaire. Je l'entends rire. Et dans son rire, il y a toute la terreur de ce métier.
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Vogue était bien sûr sur les rangs et Léon Cabat pensait que je resterais naturellement chez lui. Il avait été le premier à me faire confiance, et il me l'a répété un tas de fois. Pourtant j'étais assez méprisé chez Vogue, mes enregistrements étaient toujours vite faits, avec des musiciens qui détestaient le rock, et je devais parfois chanter des titres à contrecoeur. [...] Léon Cabat est venu me rendre visite avec sa femme. J'avais une angine et une fièvre de cheval, et ils arrivent, me parlent comme à un gosse que j'étais, mais seulement quand ça les arrangeait. Quand il fallait monter sur scène même avec de la fièvre, enchaîner les séances de travail, là j'étais un homme fort... Et, avec le plus grand mépris, ils m'ont offert un pyjama à rayures. Comme si j'étais un ado dont on pouvait se foutre. Quand je suis arrivé à Paris, un mois plus tard, j'ai reçu mes comptes et j'ai vu qu'ils avaient déduit le pyjama de ma paie. J'étais écoeuré.
[...]
On a souvent dit que je m'étais barré pour ne pas payer d'impôts. C'est en partie vrai, mais c'est aussi parce que c'est épui sant, cette ambiance. Je me suis toujours demandé pourquoi aux Etats-Unis quand t'as une belle voiture les mecs sourient et te disent formidable et en France on te traite de voleur. Sale mentalité. Pour un pays dont j'ai porté les couleurs, qui a bien voulu faire de moi son emblème quand c'était nécessaire, je me suis senti trahi, accusé à tort, sali. [...] Je n'aime pas la médiocrité. Je pense que la gauche pousse vers ça. Je ne suis pas pour que les gens pauvres le soient. C'est malheureux, il faut les aider. Mais pas en leur faisant l'aumône. [...] Je n'aime pas les sociétés d'assistés. [...] Je n'aime pas qu'on me fasse passer pour un type sans coeur sous prétexte que j'ai une sensibilité de droite."
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