Mon pote JF et "Tonton" en avaient fait des louanges et, quand on connait mon JF, on sait que ça va être du costaud, lui qui ne jure que par le rock anglais et toutes ses oriflammes. Donc, ce garçon mal peigné s'est fait le ch'veu, et tous les autres hôtes suspendus ce dimanche à sa poésie dégingandée. C'était dans le parc de Beauregard, Hérouville (Normandie) et tellement bon.
Histoires troublantes. Couché dans l'herbe constellée de mégots échevelés aux senteurs "canabyssales", dans la chaleur et le soleil ardent dans la chetron, le ch'veu s'est laissé prendre doucement au son et aux mots de Benjamin. Benjamin. On dirait qu'il arrive juste à l'heure, avec un son fait de pleins et déliés, d'accents circonspects, de poings de suspensions. Des textes syncopés comme de douces fêlures de l'âme, des histoires troublées et troublantes... C'est tout près de tout ce qui se fait de mieux dans le genre et très personnel en même temps. Habité, mais sans déranger les fantômes légendaires qui survolent en filigrane son trip existentiel.
Biolay, la vague qui monte. Biolay, une invitation à mettre les bouts, si tu veux bien. T'as finalement même pas à consentir parce qu'il ne va pas forcer les choses ni les décibels: soit tu grimpes dans son OVNI, soit tu restes comme un con au pied de son véhicule fait de rimes, de proses, de rap, de slam et de mélodies scandées. Biolay, une vague qui monte, monte, monte et embarque. Une crête où frise l'écume d'une gravité extrême et lancinante, qu'il te balance avec son élégante légèreté de Dandy noctambule pris dans la lumière du jour.
