Rouge, impair et passe: au Casino de Paris, Benjamin Biolay parie sur le flamboyant pour sa tournée française autour de Vengeance. De ce dernier album, il a tiré des versions musclées par de nouvelles orchestrations plus violentes et soutenues par un mur d'éclairages -tours et gratte-ciel d'ampoules- qui offre des contre-jours agressifs et des effets volcaniques.

Et c'est justement sur le contre-jour que Benjamin Biolay s'adosse pour délivrer des textes âpres, des morsures, des coups de poing. Le pari du rock transforme jusqu'aux titres les plus émouvants, moins doux mais plus déchirants, comme si Biolay glissait leur poésie dans une plainte. Vengeance gagne soudain en puissance, et ses titres s'enlacent sans peine avec le meilleur des albums précédents, Trash yéyé (Qu'est-ce que ça peut faire, Laisse aboyer les chiens), Négatif (Chère Inconnue, La pénombre des Pays-Bas) et bien sûr La Superbe (Night Shop, Padam, Ton héritage). Sans compter une version apocalyptique, atomique d'A l'origine: Biolay n'a jamais poussé si fort le rauque et le rock.