Joann Sfar, auteur de BD et réalisateur: "J'ai étudié la guitare pendant des années, mais j'étais nul ! L'idée de faire une BD inspirée de Django m'est venue en découvrant son premier 78-tours. A l'époque, il était analphabète et n'avait pas remarqué que son nom avait été transformé en "Jiango Renard". Le personnage principal de ma BD est donc un renard fantasque. J'aime le côté insaisissable de Django, qui préfère aller pêcher à la mouche plutôt que jouer devant la reine d'Angleterre... En 1948, au sommet de sa gloire, il décide de s'exiler à la campagne pour se consacrer à la peinture. Pendant la guerre, alors que ses collègues sont partis à Londres, Django reste à Paris, risquant la déportation. Les Français lui ont reproché de jouer un air de jazz écrit par un Allemand. Il a répondu : "La musique, c'est fait pour les oreilles." Mais il a refusé de jouer en Allemagne. Il avait une attitude à la Brassens : "Faites votre guerre, moi je ne veux pas avoir à faire avec ça !" Georges Brassens a d'ailleurs écrit une chanson, Entre la rue Didot et la rue de Vanves, dans laquelle il raconte comment Django, qui avait enfin décidé de fuir la France, fut sauvé par un officier nazi fan de sa musique. Encore un pied de nez à l'Histoire!"
