Il a voulu faire un peu d'humour. En concert mercredi soir au Palais des Sports à Paris, Charles Aznavour, grippé, a plaisanté sur son état de santé et notamment sur la qualité de sa voix. "Je ne vais pas m'excuser d'avoir cette voix-là. Moi, je ne vais pas annuler pour des histoires d'assurance...", a ironisé le chanteur de 92 ans, comme le raconte Le Figaro.

Cette petite phrase, lancée aux 4500 spectateurs de la salle parisienne, fait évidemment référence à la bataille que se livrent depuis plus d'une semaine Michel Polnareff et son producteur, Gilbert Coullier, à la suite de l'annulation des deux derniers concerts de sa tournée programmés à Paris et Nantes. Sauf que cette boutade n'a pas amusé l'interprète de Lettre à France, victime d'une double embolie pulmonaire début décembre.

"J'ai la plus grande admiration et amitié pour Charles, mais je dois reconnaître que sa connaissance médicale est nettement en dessous du niveau de son grand talent", a taclé le chanteur dans un message diffusé jeudi sur sa page Facebook.

"Comparer une grippe avec une embolie pulmonaire bilatérale? Peut-être devrais-je lui faire parvenir mon dossier médical", poursuit-il, visiblement agacé.

13 jours d'hospitalisation

Selon une enquête du Journal du Dimanche, les annonces alarmantes sur l'état de santé de Michel Polnareff, avec un pronostic vital engagé pendant 48 heures, pourraient avoir "servi à légitimer l'annulation de deux concerts".

Le producteur Gilbert Coullier, interrogé par Le Point, avait jugé "plutôt floues" les raisons de l'annulation des deux derniers concerts de l'artiste. Ces deux spectacles n'étaient pas assurés, entraînant des pertes estimées "à 200 000 euros par date". "Nous souhaiterions simplement avoir accès au dossier médical", demandait le producteur.

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Michel Polnareff avait réagi à ces déclarations dès le lendemain en prenant la défense de son docteur, Philippe Siou. "Je vous remercie du fond de mes poumons pour ne pas m'avoir soustrait à l'amour des miens et de tous ceux qui me soutiennent", avait-il écrit sur Facebook.

"Guéri" mais "fatigué", Michel Polnareff a quitté l'Hôpital américain de Neuilly-sur-Seine il y a une semaine après y être resté 13 jours.