Parlez-nous des Grands Prix Sacem?

Alain Chamfort: Chaque collège représentant des répertoires différents présente, en fonction de son expertise et de ses goûts, les créateurs et éditeurs marquants sur l'année, la carrière, l'export... Le vote est donc le reflet du choix des leurs pairs. Et comme les prix sont remis par les gens de la profession, ils ne sont pas du tout liés aux chiffres de ventes. Les Grands Prix Sacem ont de plus en plus de reconnaissance et de visibilité depuis que la cérémonie est sortie des murs de la Sacem. Cette année, ils seront retransmis en direct du Casino de Paris sur Youtube dès 20 heures, le 26 novembre.

Pourquoi connaît-on le nom des lauréats bien avant la remise des trophées?

Dans les Grands Prix, il n'y a ni suspens ni secret. C'est une occasion d'apporter plus de transparence, de parler de ce que fait la Sacem, de sa façon unique de récompenser les auteurs dans tous les répertoires : chanson, jazz, musique pour l'image, édition musicale, humour, musique symphonique...

Qui peut s'inscrire à la Sacem?

Tout auteur, compositeur, éditeur qui écrit un texte de chanson, d'humour, de doublage, de série télé... peut le déposer. Si son oeuvre est jouée, elle génère alors des droits perçus et il devient membre de la société des auteurs avec toujours la liberté d'en changer à l'étranger s'il le souhaite.

Où en est le projet du CNM dans lequel vous étiez très investi ?

Le Centre National de la Musique est un peu remis en question par le ministère de la Culture car son financement n'est pas validé. Mais il y a une volonté de la filière de profiter de la dynamique lancée pour rassembler des organismes, montrer son unité... Le programme du candidat Hollande laissait entendre qu'il continuerait à nous défendre.

Un mot sur votre actualité?

Je travaille avec Pierre-Dominique Burgaud sur un projet musical, Empire State. On invente une histoire à partir de la célèbre photo des ouvriers travaillant sur la construction du building, en 1929. On me verra au cinéma le 9 janvier, dans Les jeux des nuages et de la pluie, de Benjamin de Lajarte. Et je serai sur scène, le 30 janvier, pour le concert, Elles & Lui, au Grand Rex de Paris avec quelques invitées. En ce moment, je m'interroge beaucoup sur le format des albums. Vu la crise du marché et la chute des droits d'auteurs, je vais peut-être faire des propositions musicales plus régulières, moins lourdes, dématérialisées.