Le dernier roman d'Alvaro Pombo propose deux destinations pour le prix d'une. Santander, qui prend un air romantique lorsque les vagues passent par-dessus la jetée les jours de vent du sud, et le Mexique. Dans les années 1920, Isabel de la Hoz, une fille de cette bonne société de Santander, où l'on savoure l'aisance et l'insouciance avec plaisir mais avec prudence, est appelée à devenir une riche héritière au destin tout tracé. Il en sera autrement. «Grande excentrique débutante», cette jeune femme distinguée, pas tout à fait belle mais sûre d'elle-même, s'enivre de voyages imaginaires. Cloîtrée à Santander (avec sa côte, sa baie, son chantier naval), où le roi Don Alfonso XIII vient passer l'été et se promène habillé comme tout le monde, Isabel et ses cousines s'échappent jusqu'au promontoire de Piquio. Elles aiment contempler la péninsule de la Magdalena, sa «calme obscurité de baie sablonneuse, en vue de l'île de Mouro, avec son phare solitaire, introverti». La famille projetait de l'unir au rejeton d'une des plus grandes familles d'armateurs, «extrêmement beau, de plus, yachtman et charmant, de plus». Isabel lui préférera un Mexicain venu à Santander faire un beau mariage... Alerte et très en verve, Pombo réussit le splendide portrait d'une singulière aventurière.