Après Jonathan Franzen, Jeffrey Eugenides et Rick Moody, Jonathan Safran Foer est le quatrième mousquetaire de la nouvelle garde des lettres d'outre-Atlantique. Né en 1977 à Washington, petit-fils de Juifs russes qui émigrèrent aux Etats-Unis au lendemain de la guerre, ce New-Yorkais aux allures juvéniles a fait ses gammes en signant quelques short stories et puis, soudain, en 2002, ce fut la révélation : son premier roman, Tout est illuminé, s'imposa d'emblée aux USA comme l'un des meilleurs livres de l'année. Et l'on a découvert à notre tour cette fable chagallienne où les souvenirs de la Shoah se mêlent à la fantaisie la plus extravagante. Trois ans plus tard, Foer a redonné de ses nouvelles avec Extrêmement fort et incroyablement près, un patchwork caviardé de graffiti et de calligrammes : le romancier y évoque les événements du 11 septembre 2001 à travers le regard d'un adolescent dont le deuil se transforme en quête initiatique, dans le dédale new-yorkais. Sous la plume d'un auteur prometteur, dont le dernier livre - Eating Animals - n'est pas encore traduit en français.