Mélancolique, foisonnant et incisif. Le troisième album d'Orelsan partage le même capital que le phénoménal Racine carrée, de Stromae. Les deux amis se retrouvent d'ailleurs sous La Pluie, titre signé par le Bruxellois. Avec La fête est finie, Aurélien Cotentin (son vrai nom) livre un disque capable de recruter des adeptes au-delà du rap, ce qui ne l'empêche pas d'en inviter deux, des poids lourds, Nekfeu et Maître Gims. S'il reconnaît être un peu perdu dans un monde sans issue, ce n'est pas une excuse pour faire du surplace.
La réalisation d'un long-métrage (Comment c'est loin) et d'une pastille télé (Bloqués) a prouvé qu'Orelsan avait les idées larges. Souvent désabusés, parfois méchants, les textes s'aventurent sur des terrains plus matures comme la peur de devenir vieux (La fête est finie), la notoriété (Quand est-ce que ça s'arrête?), la vie de couple (Paradis) ou la chronique sociale (Tout va bien).
Le chanteur de 35 ans est un garçon plein de bon sens qui balance entre vraie tendresse et faux sarcasme. Un homme qui aime sa grand-mère et taille un short à Christophe Maé ne peut pas être foncièrement mauvais.
LA FÊTE EST FINIE D'ORELSAN (7 TH MAGNITUDE/WAGRAM). EN TOURNÉE À PARTIR DE FÉVRIER 2018.
