Des histoires de rien du tout, où les murailles de la banalité s'effondrent pour démasquer des personnages pas si ordinaires qu'il n'y paraît. De brèves confessions à peine chuchotées, mais qui cachent d'immenses solitudes ou d'incurables chagrins. Des bribes d'existences entrevues au moment où les destins basculent, où quelque chose se brise, où les sentiers bifurquent vers l'irréparable. C'est avec des recueils de nouvelles (Déroutes, Des histoires pour rien) et quelques romans (dont Anagrammes et la magnifique Passerelle) que Lorrie Moore - née en 1957 - s'est imposée outre-Atlantique. D'un claquement de plume, avec une écriture de ballerine, elle a marqué son territoire en devenant une remarquable portraitiste de la middle class américaine, façon Grace Paley, épinglant comme elle "les petits riens de la vie", qui sont autant de trompe-l'oeil derrière lesquels se dissimulent des secrets souvent douloureux.