Alors que les jeunes éditions Womblat viennent de republier ses Mémoires d'un vieux con et surtout de faire découvrir Vaches noires, son dernier ouvrage, posthume, composé d'une trentaine de nouvelles inédites, Roland Topor (1938-1997) a aussi droit à une réédition de son premier roman, paru en 1964: porté à l'écran par Roman Polanski (Le Locataire, 1976), ce récit fascinant met en scène un jeune homme trentenaire, très convenable, peu sûr de lui, qui emménage dans un petit deux-pièces parisien et suscite d'emblée l'hostilité de ses voisins. Le moindre bruit lui vaut aussitôt des remontrances, mais également d'étranges comportements : coups anonymes à sa porte, regards inquisiteurs, injures, etc. De quoi sombrer dans la paranoïa... Grinçant et grave, l'art de Topor est là, déjà, dans toute sa splendide noirceur.