Un peu de Demy dans Le Club des cinq. Ou de Lili dans du Marivaux. C'est le ton, l'esprit, l'esthétique de Lucie Durbiano, que l'on retrouve dans Orage et désespoir, Le rouge vous va si bien ou le tout récent Trésor, «inspiré des comédies des années 1950 et de la nouvelle vague», dit-elle. Mais la jeune première de son histoire n'est pas aussi ingénue que son dessin ligne claire et couleurs berlingots. «Je me suis construite dans la bande dessinée sur le tard. Ma culture est cinématographique ou bien tirée des livres d'illustrations de mon enfance. Petite, je rêvais des heures devant les Caroline.» Après des études d'Arts déco à Strasbourg, Lucie, 40 ans, penche donc pour l'illustration avant de se lancer par hasard avec une série pour enfants, Lulu-Grenadine: «Je lisais beaucoup de livres à mes filles, quand elles étaient petites, et je me suis mise à dessiner tout naturellement la petite Lulu. Aujourd'hui, elles ont grandi et mes héros sont des adolescent(e)s.»

Et aussi...

Place à l'imaginaire frénétique ou à des scénarios partant de faits réels mais remplis de zones d'ombre à combler, comme le fit Catel avec Kiki de Montparnasse (Casterman). Ou, plus récemment, Chloé Cruchaudet, dont Groenland Manhattan (Delcourt) s'empare du triste destin de Minik l'Inuit, version américaine de la Vénus hottentote. Prix René-Goscinny. Autre style bien trempé, mais cette fois-ci à l'encre de Chine: Petit Traité de morphologie, d'Agnès Maupré (Futuropolis), un thème singulier et un regard qui marque. Et promet.