Pour un écrivain, le Web c'est...

Le principal attrait du blog est celui-ci pour moi: voilà une page d'écriture instantanément publiée. C'est cela qui me plaît par dessus tout, cette simultanéité de l'écriture et de sa diffusion. Il y a là quelque chose de la formule magique des contes: sitôt énoncée celle-ci, l'apparition se produit. Enfin, voici (partiellement) réalisé ce rêve d'écrivain de déchaîner la foudre... Sa rage ou sa passion en tout cas n'ont pas le temps de retomber ou de se refroidir quand le texte s'inscrit à la vue de tous. Il fait encore corps avec ses mots, comme l'archer avec sa flèche quand elle se fiche dans la cible (une pomme ou un coeur). Cette tension, ce tressaillement sont perceptibles, je crois. Je tiens à préciser toutefois que l'entreprise quotidienne assidue de L'Autofictif est aussi le chantier ouvert d'un livre. Régulièrement, en effet, je publierai le journal de l'année écoulée. Le premier volume vient de paraître, sous le même titre, L'Autofictif, aux éditions de l'Arbre vengeur La lecture du livre curieusement ne redouble pas celle du blog, parce qu'un livre par nature n'appartient plus au temps, il s'affranchit de sa loi. Je trouve donc pour mon compte passionnant d'observer ce qui change dans un même texte tour à tour soumis à l'épreuve du présent sans lendemain du blog puis à ce hors-temps du livre.

Mes sites favoris sur le Web:

La Main de singe, L'Alamblog, Le Tiers-livre, Lignes de fuite. Et puis également tous ceux que j'ai mis en lien sur L'Autofictif.

Pour un écrivain-blogueur, le Salon du livre c'est...

Je n'y ai pas mis les pieds cette année mais je sais qu'il y a été beaucoup question des expérimentations littéraires sur la Toile, je m'en réjouis. Les enjeux sont importants. L'édition traditionnelle ne peut ignorer ce qui s'y joue. Je suis avec beaucoup d'intérêt le développement de Publie.net, créé par François Bon. Des collaborations sont à inventer d'urgence pour éviter que l'édition numérique ne devienne à court terme le seul refuge des écrivains audacieux.