Le duel de la semaine
... Est féminin. Florence Aubenas versus Elisabeth Badinter ! La première vient de passer devant la seconde qui la surclassait d'une courte tête la semaine dernière. Bref, Le Quai de Ouistreham (L'Olivier), publié le 11 février, continue sa course folle, avec 50 000 exemplaires vendus. Pas de doute, ce journal d'une femme de chambre - vous savez, difficile de ne pas être au courant, Florence Aubenas est cette journaliste qui, en cachant son statut réel (ce qui ne manque pas de faire débat dans les salons parisiens), a cherché du travail six mois durant du côté de Caen - déménage ! Elisabeth Badinter n'est pas en reste, dont le document bien senti, Le Conflit. La femme et la mère (Flammarion) connaît un succès comme elle n'en avait pas eu depuis longtemps - 58 000 exemplaires écoulés depuis le 8 février. On ne sait si les deux femmes se connaissent, mais il y a fort à parier que si c'est le cas elles s'apprécient. Un duel fort pacifique, en somme.
Les millionnaires de la semaine
On n'en parle pas toutes les semaines, et pour cause, cela devient lassant. Mais pendant qu'on a le dos tourné, ils continuent fièrement leur bonhomme de chemin... Voici, par ordre décroissant, tous genres confondus, tous les auteurs (ils n'ont jamais été aussi nombreux) à avoir dépassé la barre des 100 000 exemplaires : Dan Brown, pour Le Symbole perdu, avec 650 000 exemplaires ; Marie NDiaye, Trois femmes puissantes, 495 000 ; Anna Gavalda, L'Echappée belle, 425 000 ; Marc Levy, La Première nuit, 320 000 ; Mary Ann Shaffet et Annie Barrows, Le Cercle littéraire des amateurs..., 300 000 ; Lorant Deutch, Metronome..., 250 000 ; Laurent Gounelle, L'Homme qui voulait être heureux, 190 000 ; Jean-Michel Guenassia, Le Club des incorrigibles optimistes, 125 000 ; James Ellroy, Underwold USA, 105 000 et, bientôt dans la ronde, Pierre Dukan avec sa Méthode Dukan illustré, 98 000. Heureusement que les auteurs peuvent étaler leurs revenus sur 5 ans.
Les entrées de la semaine
Dans le désordre et en mixant nos palmarès romans et documents, voici quelques-uns des auteurs qui pointent leur nez. Laurent Binet, dont le roman HHhH, chez Grasset (que L'Express a été l'un des premiers à chroniquer), s'est écoulé à 6 500 exemplaires. Un score prometteur pour cet ouvrage qui vient de récolter le Goncourt du premier roman. Autant dire que les ventes de ce curieux ouvrage consacré au commandant SS Reinhard Heydrich (d'où le titre, pour Himmlers Hirn heisst Heydrich - le cerveau d'Himmler s'appelle Heydrich - ), abattu en 1942 par la résistance tchèque devraient s'envoler. Notons également le roman très british de Rachel Johnson, la soeur du maire de Londres, Le Diable vit à Notting Hill (de Fallois) vendu à 10 500 exemplaires ; la dernière foucade de l'inénarrable président du conseil régional du Languedoc Roussillon, Georges Frêche, Trêve de balivernes. Pour en finir avec l'hypocrisie (Héloïse d'Ormesson, 7 000 exemplaires) ; les confidences de la délicieuse Sandrine Bonnaire, Le Soleil me trace la route (Stock, plus de 4 000) ; la profession de foi d'Abd Al Malik, La Guerre des banlieues n'aura pas lieu (Cherche Midi, 3 500) et l'essai - forcément intelligent - sur l'Europe d'hier et d'aujourd'hui Une tombe au creux des nuages (Climats, 1 700) de Jorge Semprun.