Dans Les Ames vagabondes, une adolescente et une extraterrestre cohabitent dans la même enveloppe charnelle. Qu'est-ce qui est le plus important pour vous, le corps ou l'âme?

L'âme, évidemment. Le corps n'est rien d'autre qu'un joli cadeau -parfois cruel- qui nous est offert, avec tous nos sens, nous permettant de regarder à la fenêtre, de traverser la route, etc. Mais l'essentiel de ce qui nous constitue est à l'intérieur de nous-même.

Vous abordez ici la défense de la collectivité face à l'individualisme, l'euthanasie et le triolisme. Auriez-vous signé un roman "progressiste", voire "gauchiste"?

[Silence.] C'est surtout mon roman le plus ambitieux. Mais je ne sais pas s'il faut y voir un message politique ou simplement désenchanté. Quand j'écris un livre, je raconte avant tout une histoire qui me rend heureuse, et je décris un monde, dans lequel j'aimerais vivre...

En Europe, votre saga Twilight a souvent été perçue comme le symbole d'un certain puritanisme américain...

C'est un reproche que l'on me fait aussi aux Etats-Unis. Je ne le vois pourtant pas comme ça. Je parle avant tout de certaines expériences universelles de la vie...

Qu'est-ce qui vous fascine dans la littérature fantastique?

S'échapper dans un autre monde, en l'imaginant... c'est définitivement ce que je préfère, en tant qu'écrivain. Mais la lectrice en moi apprécie aussi de se plonger dans des histoires plus humaines, dans un univers plus réaliste. Prenez Jane Eyre: c'est parfait, à tous les niveaux...

Succès de Cinquante Nuances de Grey -d'E. L. James (JC Lattès)- oblige, vous lancerez-vous un jour ou l'autre dans une grande oeuvre érotique?

Jamais de la vie! [Silence.] Ça n'est pas du tout mon genre de plaisir. Je ne lis pas de telles choses, et je n'en écrirai certainement pas!