La chose arrive de plus en plus fréquemment : le spectateur est pris pour une bille. Pas pour un imbécile, non, pour une bille de flipper qui se cogne aux quatre coins de l'écran. Si bien qu'à la fin, il sort de la salle complètement sonné. Ce qui se passe avec X-Men Apocalypse, livraison mensuelle du plein de super-héros; au pluriel, puisqu'ils ne se déplacent désormais qu'en bande. Dès le début, situé en Egypte en 3 400 avant Jésus- Christ (mais si !), il y a de la chute de pierres maousses, des combats dans les airs, des malheureux qui se transforment en cendres et d'autres en purée (cf. les pierres maousses)... Trois plans à la seconde accompagnés par un choeur liturgique tonitruant. Le temps qu'un vilain pharaon mutant se retrouve 6 000 pieds sous terre, il s'est passé cinq minutes et on est déjà épuisé.

Reste plus de deux heures pendant lesquelles les X-Men devront sauver le monde, tout en dissertant sur le bien, le mal, la vengeance, l'amour, les vaches et le temps qui passe - rappelons que, depuis deux films, la saga raconte ce qui s'est passé avant les trois premiers épisodes. Reste les effets spéciaux spectaculaires et un ou deux passages réjouissants, comme le sauvetage du pensionnat de mutants sur la musique de Sweet Dreams d'Eurythmics. Pourtant mis en scène par Bryan Singer (Usual Suspects), qui fut autrefois inspiré, ce volet manque cruellement de personnalité et n'intéressera que les plus férus de la série - et ceux qui veulent savoir pourquoi le big boss des X-Men, incarné dans la première trilogie par Patrick Stewart, est devenu chauve. Comme une bille, oui.

>> X-Men Apocalypse, de Bryan,Singer, avec James McAvoy, Michael, Fassbender, Jennifer Lawrence, 2h22