2014 sera une année à marquer d'une pierre blanche pour le cinéaste mauritanien Abderrahmane Sissako, puisqu'elle marquera l'entrée en compétition de cet habitué de la Croisette. On peut même dire, selon la formule consacrée, qu'il est "né" à Cannes voilà vingt-cinq ans en présentant à la Semaine de la Critique son film de fin d'études de l'Institut national du cinéma de Moscou : Le jeu.

Suivront deux sélections à Un Certain Regard, en 1993, avec Octobre et, en 2002, avec En attendant le bonheur (qui obtint le prix de la critique internationale), une autre à la Quinzaine des Réalisateurs avec La vie sur Terre, en 1998, et la dernière à ce jour, hors compétition, avec Bamako, en 2006.

Tombouctou, ville martyre

Huit ans après, le voici donc de retour avec Timbuktu, dont l'action se déroule à Tombouctou. Surnommée "la perle du désert", cette ville malienne était autrefois un lieu paradisiaque de brassage, tolérant entre les multiples communautés qui y vivaient. Mais au fil du temps et des exactions perpétrées par ses envahisseurs successifs et les extrémistes religieux, elle s'est transformée en cité martyre.

En racontant son occupation par des groupes jihadistes et, en tournant en plein Sahara dans une zone dangereuse en raison de la guerre qui déchire le Mali, Sissako signe un film éminemment politique, où il rêve pour ce territoire et cette ville de renaissance.