Le jour de l'avant-première, je rentrais dans la salle obscure sans idées préconçues qui seraient nées de la lecture de critiques journalistiques élitistes.

Les acteurs, professionnels ou non, nous donnent d'eux-mêmes et cela se ressent. Bérénice Bejo livre une très belle interprètation sans fard qui correspond totalement à l'esprit du film. Est-il nécessaire de parler du petit garçon qui porte en lui autant de force que de fragilité mettant en relief une personnalité hors du commun, confrontée à une situation dramatique. Les seconds rôles (l'assistante interprète, la soeur de Hadji, le jeune soldat...) sont tout aussi intenses et portent en eux, de differentes manières, les blessures du conflit.

En effet, si l'on a reproché au réalisateur une oeuvre qui oscille entre documentaire et fiction, et bien je dirais que c'est là toute son habileté. J'ai rarement vu un film traiter d'un thème aussi complexe avec autant de finesse et d'authenticité. Rien que pour la difficulté à traduire un tel sujet sans le trahir, le cinéaste et son équipe méritent tout notre respect.

Le film est trop réaliste pour certains (cachez donc ce sang que je ne saurais voir!): alors, pour la projection de "Sissi, impératrice", c'est dans la salle au fond du couloir à gauche... Pas assez vrai pour d'autres. Ah bon, on suppose donc que vous y étiez, vous, en Tchétchénie, pour préjuger de la sorte.

Le seul conseil que j' aurais à donner, c'est celui d'aller se faire sa propre opinion: que l'on aime ou pas The Search, il a le rare avantage d'offrir matière à réflexion dans nos esprits parfois trop étroits. Oups, n'en déplaise au courant bien-pensant de Cannes, le réalisateur aurait-il atteint son but?