Il y a sans doute chez Michel Hazanavicius, connu pour ses comédies plaisantes comme The Artist, OSS 117, une démarche expiatoire.
Qu'est-il donc allé faire dans l'enfer d'une guerre oubliée, à savoir l'écrasement de la sédition tchétchène par un Vladimir Poutine, alors débutant, qui, pour asseoir son pouvoir de tsar tout neuf et flatter l'irrémissible xénophobie russe, avait juré d'aller débusquer les Tchétchènes jusque dans "le trou des chiottes"?
The Search est un boomerang, et c'est son infortune. En pleine guerre contre le groupe Etat islamique et ses djihadistes ivres de leur cruauté barbare, il faut un courage certain pour épouser de manière si angélique, la cause d'un peuple aujourd'hui oublié, sauf des Russes qui le détestent.
Disons-le sans fard, The Search est une oeuvre bancale: s'agit-il d'un documentaire enrichi d'un storytelling pétri des meilleures intentions ou, au contraire, d'un film prétexte à la narration d'une jolie histoire, celle de Bérénice Bejo et d'un petit garçon rescapé du massacre de sa famille par les armées du tsar? Les "affreux" de Poutine, vexés par l'humiliation subie en Afghanistan, font d'ailleurs montre d'une violence et d'une cruauté tout à fait dignes de leur réputation. En étant un peu rosse, on pourrait oser dire qu'ils sont les seuls à jouer juste, avec ce petit garçon tchétchène...
C'est donc l'ambiguïté de ces bonnes intentions qui ruine The Search. Le cinéma et la politique ont en fin de compte un point commun: on n'y fait rien de bon avec de bonnes intentions.
