Teresa, autrichienne à la cinquantaine bien tassée, part pour les plages kenyanes à la pêche à l'étalon d'ébène qui saura la faire vibrer. Ulrich Seidl n'aime pas les films aimables (cf. Dog Days). Il ne fallait donc pas s'attendre à ce qu'il y aille mollo dans son exploration des pratiques de ces nouvelles touristes sexuelles en mal d'amour. Car la mama européenne croqueuse de "nègres Banania" (c'est comme ça qu'elles appellent leurs gigolos) n'a rien de très reluisant. Elle débarque au Kenya en terrain conquis pour faire son marché, supérieure et moqueuse, voire esclavagiste aux jointures, si affinités. De quoi être sérieusement dérangé par le portrait de Teresa et par des scènes détestables, frontales et humiliantes. Paradis : Amour étant conté du point de vue européen, celui des gigolos n'était sans doute pas du goût d'Ulrich Seidl. Un choix pourtant regrettable. Le film y aurait gagné en relief. Reste Teresa, ballottée entre ses envies d'être possédée, ou d'être aimée. On ne sait pas trop. Elle non plus d'ailleurs...
