A côtés des résultats des Oscars, ceux des Césars ressemblent à un Grand Huit avec des surprises à tous les virages.

A Hollywood, Le Discours d'un roi était favori, Le Discours d'un roi a gagné. Colin Firth était favori, Colin Firth a gagné. Same thing for Natalie Portman, Tom Hooper (réalisateur du Discours d'un gagnant), Christian Bale (second rôle de The Fighter) et Revenge (film étranger et danois de Susanne Bier).

Tout pareil (ou quasi, à un poil de tapis rouge près) que les résultats des Golden Globes, décidément antichambre des Oscars.

Où l'on se rend compte, et ce n'est pas une surprise, que les Oscars font dans le consensuel, récompensant, par la bande, le lobby des frères Weinstein, producteurs du Discours d'un roi, habitués des statuettes et à qui on devrait d'ailleurs attribuer l'oscar du marketing.

Cela dit, la mode ne fait pas l'histoire. En 1999 déjà, les Weinstein faisaient triompher Shakespeare in Love, de John Madden, contre, notamment, La Ligne rouge, de Terrence Malick. Il semble que le cinéma a davantage gardé en mémoire l'odyssée guerrière, panthéiste et intimiste de Malick.

En 2011, Tom Hooper, couronné d'or n'a sûrement pas démérité (il réussit même, sur un canevas très classique, à être souvent original) mais il n'est jamais, vraiment jamais, jamais de jamais, meilleur réalisateur que le David Fincher de The Social Network. Sans doute l'empathie naturelle que suscite Le Discours d'un roi est-elle pour beaucoup dans cet oscar à lui remis, mais, franchement, un peu d'objectivité ne fait pas de mal : Fincher est au-dessus du lot. Trop doué, sans doute, pour un film pas toujours aimable, qui montre à l'Amérique la façon dont elle sacre, elle, une tête à claques égotiste, en la personne de Mark Zuckerberg. Bravo, en tout cas, à Aaron Sorkin, scénariste-adaptateur de The Social Network.

Sinon quoi ?

1. Le « rôle à oscar », cliché s'il en est, se porte bien : un drogué, une danseuse, un bègue, une mère acariâtre et fumeuse et hop c'est gagné.

2. Les français n'ont rien gagné. Tant pis.

3. Toy Story 3 a gagné l'oscar du film d'animation. Tant mieux.

4. Des oscars techniques en forme de miettes pour Inception.

Rien de nouveau sous le soleil hollywoodien. Même si le cinéma américain reste le plus important au monde (quantité, qualité, ambition, excitation mélangés) ce consensus 2011 n'est pas forcément une bonne nouvelle, qui dit la place de strapontin réservée aux films originaux.