Olivier Assayas, membre du jury.

"A vrai dire, je n'ai pas été convaincu la première fois que je l'ai vu. C'était en salle avec Serge Daney qui, lui, avait beaucoup aimé. C'est en parlant tous les deux que le film a peu à peu grandit en moi. S'il est le film de Stanley Kubrick qui passe peut-être moins bien l'épreuve du temps sa mise en scène reste exemplaire et son propos également. "

Lynn Ramsay, We need to talk about Kevin (Compétition Officielle).

"J'ai commencé par découvrir le livre, à l'âge de douze ans - j'étais une punk très précoce. Ca a été un choc pour moi. Je trouvais ça incroyable et lorsque j'ai vu le film, vers 16 ans, je l'ai trouvé à la hauteur. Il retranscrivait parfaitement ce que j'avais ressenti à la lecture du roman. Je sais que ce n'est pas le Stanley Kubrick que les gens préfèrent mais je le trouve dément."

Julia Leigh, Sleeping beauty (Compétition Officielle).

"C'est le film de Stanley Kubrick que j'ai vu en dernier. Et très tard, il y a deux ans, à peine. Dans le contexte d'un cinéma contemporain très violent, l'ultraviolence qu'il dénonçait m'a paru moins forte. Après, il reste fascinant et trouble d'un pur point de vue visuel."

Bouli Lanners, Les Géants (Clôture de la Quinzaine).

"Enfant, j'étais obsédé par la photo où Malcolm McDowell est torturé par les paupières. Cette image entraperçue je ne sais où m'a terrifié pendant des années. Bien longtemps après, lorsque j'ai vu le film, il n'était malheureusement plus à la hauteur de mes attentes, de ce que cette vision avait provoqué en moi."

Alexandra Aja, réalisateur de Piranha 3-D, de passage.

"Trop jeune pour pouvoir le voir à sa ressortie, j'ai lu le livre qui a été un grand choc. Plus tard, en voyant le film, j'ai été frappé du respect que Kubrick avait pour l'esprit des auteurs qu'il adaptait. Même si le roman est beaucoup plus violent, le long-métrage est très fidèle. Ce fut un grand choc. Sa réflexion sur la société, le côté ultra-réaliste de la mise en scène, j'adore tout."