Quand avez-vous découvert Gainsbourg ?

Petite, grâce à ma mère, qui passait en boucle La Javanaise ou L'Hippopodame à la maison. Je me souviens de son billet de 500 francs brûlé à la télévision. Ma mère n'avait pas du tout aimé. Moi, je trouvais ça plutôt marrant. La seule fois où il m'a choquée, c'est vers la fin, quand, bourré, il avait attiré son fils, alors tout petit, sur scène.

Si vous ne deviez retenir qu'une seule de ses chansons ?

J'ai toujours essayé d'apprécier les titres moins connus comme Ne dis rien, son duo avec Anna Karina, ou Ce mortel ennui. J'adore Bonnie and Clyde aussi, et le goût qu'avait Gainsbourg de rapprocher tous les styles musicaux, du classique au reggae.

Le style Gainsbourg, c'est quoi ?

Une élégance androgyne. Quelle fille n'emprunte pas les fringues de son mec aujourd'hui ? Depuis l'adolescence, j'ai toujours dans ma garde-robe une paire de Repetto et une chemise en jean.

Comment décririez-vous son rapport aux femmes ?

C'était le plus tendre, le plus touchant des misogynes. Avant de le connaître, Bardot, Birkin étaient de grandes actrices. Grâce à lui, elles sont devenues des icônes. J'ai une tendresse particulière pour Bambou, dont on garde une image assez floue. Bambou a passé dix ans avec lui : elle n'est jamais venue chanter sur les plateaux de télé et a toujours eu à coeur de respecter sa mémoire.