Non content d'avoir créé le scandale à Cannes en évoquant Hitler en conférence de presse, Lars von Trier fait de nouveau parler de lui sur un tout autre registre, alors que son dernier film Melancholia sort en salles ce mercredi. Dans une interview publiée par le quotidien Libération, il déclare: "Je ne donnerai plus de conférence de presse, c'est fini. Maintenant, je vais faire comme Terrence Malick." Il ajoute: "Il n'y a pas de raison que lui seul ait ce privilège". Pourra-t-il tenir parole?
Lars von Trier, potentiel taiseux?
Aurait-on poussé le cinéaste à proférer ces mots? Il explique à Libération qu'il avait accepté de tenir une conférence de presse à la demande de Gilles Jacob, président du Festival de Cannes mais n'avait "rien préparé". Terrence Malick, lui, avait poliment refusé.
L'homme est compliqué. "Mon problème, c'est que j'ai la hantise des conflits et que, donc, je ne peux pas m'empêcher d'en déclencher. En face d'une assemblée qui attend que je dise quelque chose, je le fais. Et quand je dis que je suis un nazi, je suis très choqué après que les gens me croient!" explique-t-il. Franche naïveté ou réel art de la provocation? Mystère.
S'il dit ne plus vouloir donner de conférence de presse, il ne fait pas voeu de silence, en témoigne l'interview dans Libération. En témoignent aussi ses déclarations récentes dans un quotidien danois sur les attentats en Norvège: le parti danois d'extrême-droite serait "responsable" du comportement d'Andres Brevik. Là encore, stratégie de communication ou avis engagé sur la tragédie norvégienne?
Silence ou pas, le combat continue pour le cinéaste: "Le politiquement correct est en train de tuer le monde. Si on tombe dans cette trappe, la pensée s'appauvrira" dit-il. Chemin faisant, il rajoute des billes à son image médiatique.
