J'ai voulu voir un Indiana Jones et j'ai vu un Indiana Jones, à savoir un film d'aventures sur fond de quête (archéologique) du Graal, avec un héros sans peur (sauf celle des serpents) et sans reproche (sauf celui d'avoir abandonné Marion), mais avec un ennemi mortel : Moscou cette fois, parce qu'on est en 1957, en pleine guerre froide. Peu importe l'histoire, déjà vue. Ce crâne n'est qu'un MacGuffin hitchcockien, un prétexte à trimballer Indy du désert du Nevada à la jungle d'Amazonie en semant son chemin d'embûches. Ses artères ont pris dix-neuf ans, mais il en rit lui-même et manie toujours le fouet avec vigueur. Même dans la comédie, Spielberg est un grand, qui bluffe par la maîtrise de la mise en scène et la beauté des plans. Le style "old school" pourra gêner, mais il relève du contrat moral avec les fans. On rit, on s'attendrit. Contrat rempli.
Toujours délicat de retrouver quelqu'un que l'on n'a pas vu depuis longtemps? La formule "Non, tu n'as pas changé" cache souvent une gêne polie devant les outrages des ans. C'est ce qui se passe avec ce nouvel Indiana Jones. On est heureux de le retrouver toujours aussi gaillard, avec son fouet, son chapeau et un nouveau mystère à élucider. On reste ébahi devant la maestria du metteur en scène dans les nombreuses scènes d'action. Mais un pernicieux sentiment de déjà-vu s'immisce assez vite. Comme si notre mémoire avait trop embelli les précédents épisodes et que celui-ci nous ramenait à un temps révolu. Le scénario se boursoufle dans une intrigue alambiquée où E.T. vient à la rescousse du pauvre Indy. On se dit : et si tout cela ne servait qu'à asseoir Shia LaBeouf à la place du héros ?