Independence Day, ça ose tout, c'est même à ça qu'on reconnaît la saga. A l'été 1996, le film envahit les cinémas de la Terre, avec ses vaisseaux belliqueux, ses extraterrestres gluants et ses dialogues saupoudrés d'un deuxième degré exquis. Ce gros gâteau américain de deux heures vingt, au feuilleté ultra-nationaliste, est réalisé par l'Allemand Roland Emmerich, qui dynamite, disperse, ventile le box-office.
Eté 2016, Independence Day Resurgence attaque de nouveau, avec une recette jumelle: ironie, humour et dévastation à l'échelle mondiale, même si les résultats aux box-office pour son premier weekend de sortie aux Etats-Unis, le 26 juin, sont moins conquérants.
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Les amateurs de spectacle et fans du premier épisode seront (plutôt) comblés, ceux qui détestent le premier opus haïront le deuxième et pourront rebrousser chemin. A l'approche de la sortie française, le 20 juillet, ces derniers flingueront le film sans l'avoir vu. Voici les réponses (sans spoilers!) à leurs interrogations et affirmations.

Goldblum
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>> Parce que faut reconnaître, c'est du plaisir brutal. Comme son grand frère, Independence Day 2 procure de l'amusement pur, du "bottage de culs" (dixit un personnage) d'extraterrestres.
C'est une montagne russe: soit vous embarquez pour en prendre plein les mirettes, soit vous patientez dehors près des poussettes. "Les Américains l'ont pris au premier degré, ils l'ont trouvé formidable; les Français l'ont pris au premier degré, ils l'ont trouvé grotesque... Mais aucun spectateur ni journaliste ne l'a abordé au second degré et n'a senti que je me moquais ouvertement de l'Amérique", expliquait Roland Emmerich à propos du premier épisode.
Pour la suite, le réalisateur nargue son cinéma, sans retenue, en particulier ses précédents films-catastrophe, comme 2012 ou Le Jour d'après. En témoigne le destin excitant de la Maison-Blanche dans cet opus, mais chut...

Jeff Goldblum
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>> Captain Obvious au rapport... Le film nage dans l'irréalisme total, oui! L'"union internationale" des peuples décrite en introduction, qui régit la Terre depuis la première attaque en 1996, relève de la gageure.
"Plus aucun conflit entre les hommes n'est recensé" assure-t-elle. Foutaise! Dans la réalité, l'être humain céderait vite à ses passions génocidaires. Le scénario flotte à des années-lumière du traitement soigneux de Gravity et 2001 l'Odyssée de l'espace. Que dire aussi des avions dans l'espace, de la gravité versatile, du son audible dans le vide intersidéral, du vaisseau alien qui perce un trou pour tenter d'aspirer le noyau terrestre comme un milkshake...
Quant au scénario, les "trous sont si larges qu'un vaisseau-mère pourrait s'y faufiler", ironise un critique anglo-saxon. Et alors? La psychologie, dans Independence Day, y'en a qu'une: défourailler le premier. Un peu sommaire, mais efficace. Le spectateur paie pour un bastringue folâtre et festif, pas pour un cours d'astrophysique soporifique. Mission accomplie.

Personnages Goldblum
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>> Roland Emmerich fait ce qu'il sait faire de mieux: organiser une tombola de personnages qui zigouille les plus malchanceux et autorise le spectateur à trembler (un peu) pour chacun.
La psychologie pop-corn influence l'écriture, il y a le bon, la brute, les méchants et le comique. L'absence de Will Smith ne handicape pas l'action, la présence de Charlotte Gainsbourg en spécialiste extraterrestre est ubuesque, mais marrante, un jeune barbouze tire son épingle du jeu, le papa du héros reste drôle.
La vraie surprise est la révélation d'une relation, forte, entre deux anciens personnages du premier opus. Bonne nouvelle, Bill Pullman, président Whitmore en plein nervous breakdown, ne vient pas pour beurrer les sandwichs.

Goldblum
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>> Parce qu'ils sont en colère et qu'ils ne sont pas contents, comme King Kong sur l'affiche de King Kong 2 en 1981...

L'affiche de King Kong 2
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La Terre est en pleine paix, puis crac, ils débarquent. Dans le premier volume, les scènes trop ric-rac dévoilant l'intérieur de leurs vaisseaux mettaient l'eau à la bouche. D'où viennent-ils? Comment leur société fonctionne-t-elle? Pourquoi nous attaquent-ils?
Vingt ans après, le deuxième apporte des réponses, grâce à une expédition plus fouillée dans l'antre de leurs gros engins. Le numérique aidant, les aliens sont plus nombreux, mais risquent de finir éparpillés aux quatre coins de la Terre façon puzzle. La Reine, aperçue dans la bande-annonce, n'apprécie guère et montre à l'humanité qui est Raoul...

Goldblum destruction
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>> Non, c'est le paradoxe. Les effets spéciaux faits maison de 1996 manquent. Ici, c'est la foire au numérique. La destruction du monde, croisée et recroisée au cinéma depuis vingt ans, devient une broutille technique. Plus d'une centaine de villes étaient effacées dans le premier film par une armada de vaisseaux d'un diamètre de quelques kilomètres. Là, c'est la politique du vaisseau unique, diamètre de 5000 kilomètres!
Ça ne signifie pas que les scènes de destruction sont plus longues, mais qu'elles ont presque toutes été dévoilées dans la bande-annonce. Malin, Emmerich se focalise sur les aliens, leur environnement, leur stratégie et leur gestion de la contre-attaque terrestre. L'époque n'est plus à la détente ni aux tables rondes.

Godlblum
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>> Trop court au contraire! Le film aurait gagné à une demi-heure supplémentaire, pour égaler la durée du premier film, éviter les transitions brusques et allonger le plaisir de plusieurs scènes d'action prometteuses.
Et enfin, la question la plus importante.

Chien ID4
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>> Un chien apparaît dans le film, comme dans le premier. Pas de spoilers, mais une seule réplique flingueuse que le spectateur peut lancer aux aliens: touchez pas au toutou, salauds!
